Voilà une solide paire de vieux couteaux réunis pour le meilleur (NDR : et pas pour le pire !). Longtemps guitariste du Paul Butterfield Blues Band, Elvin Bishop y a notamment côtoyé Mike Bloomfield. Albert ‘Little Smokey’ Smothers est né en 1939 dans le Mississippi. Il est le frère cadet du regretté Otis ‘Smokey’ Smothers. Depuis 1956, il s'est fixé à Chicago, la cité du blues, où il a pu intégrer le style des meilleurs, comme Magic Sam et Otis Rush. Fin des années 50, il est devenu le guitariste de Howlin' Wolf. Il joue au début des 60s en compagnie du jeune harmoniciste blanc, Paul Butterfield, qui sera remplacé par… Elvin Bishop. Depuis cette époque Elvin voue une grande admiration à Albert. Il le considère, en effet, comme son maître à jouer. Little Smokey jouera ensuite de nombreuses années dans le Legendary Blues Band.
L'album a été enregistré live, tout début de l'an 2000, au Biscuits & Blues de San Francisco, flanqué du backing band d'Elvin. Il débute en funk chaleureux par "That's my partner". Ecrit et chanté par Bishop, les deux guitares rivalisent d'adresse face à la section rythmique et au front de cuivres. La paire s'engage alors dans un superbe "Roll your moneymaker". La joie de jouer se dégage irrésistiblement lorsque les deux compères reprennent en chœur le refrain. Elvin se déchaîne sur les cordes, imprimant un style très californien. Le vigoureux "Slow down" permet aux cuivres, partagés entre Terry Hanck au sax et Ed Earley au trombone, de tirer leur épingle du jeu. Mais ces vieux artisans du blues sont chez eux dans le Chicago Blues. C'est avec aisance et facilité qu'ils abordent "Little Red Rooster" ou plus tard "Annie Mae". Smokey s'y sent tellement chez lui. S.E Willis se montre en évidence au piano. "The skin they're in", extrait du dernier album de Bishop, passe superbement la rampe. Elvin empoigne sa slide pour attaquer "Stomp", avec des percussions tribales de Bobby Cochran. Ce titre qui accueille en invité l'harmoniciste Steve Gurr, libère une fameuse dose de groove. L'intérêt se maintient jusqu'au bout du concert, dans un festival de guitares imprimées sur un rythme nonchalant, tout au long de "Pleading with you" et de "Dirty Drawers". Un très bon album!

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