John n'a traversé la comète du blues que quelques années ; mais ce passage fut suffisant pour atteindre le statut de légende. Né en 1952 à Shreveport, en Louisiane, il s'est éteint à la suite d'une crise cardiaque, en juin 1993. Découvert par Ronnie Earl, il enregistre l'album "A man and his blues", pour Crosscut, en 1988. Il sera signé par le label major Elektra, sur lequel il sort successivement "One believer", en 91 et "Howlin' Mercy", en 93. Edition limitée, numérotée, "Tyler, Texas session" trempe dans le country blues le plus pur. Rien que l'homme et sa guitare acoustique. En réalité, cet opus a été réalisé sur base d'une démo enregistrée en 1979. Dans les studios Robin Hood de Tyler, au Texas, avant qu'il ne soit connu du grand public. John y passe en revue tous les grands du Delta Blues. Un voyage en douze tableaux. C'est une œuvre très soft, conventionnelle, traitée dans le strict respect des créateurs.
Défilent ainsi des adaptations de Robert Johnson, Muddy Waters, John Lee Hooker, KC Douglas, Elmore James et de Lightnin' Hopkins. J'apprécie tout particulièrement John lorsqu'il sort son bottleneck, pour travailler en slide. A l'instar d' "I can't be satisfied". Le travail peut paraître rudimentaire, mais Campbell était doté d'une solide technique pour épauler son feeling exacerbé d'homme écorché vif. Le "Watch dog blues" de KC Douglas est un moment fort. La National Resphonic imprime un son métallique à son blues vécu. Le travail sur les cordes de "Driftin' and driftin" laisse augurer le talentueux artiste qu'il allait bientôt devenir. Le bottleneck revient, bien sûr, lorsqu'il aborde le répertoire d'Elmore James. Et en particulier "Talk to me babe", "The sky is crying" ainsi que "Terraplane blues", qui me flanque chaque fois la chair de poule. Cette tranche de blues à fleur de peau s'achève en beauté par le "Mojo hand" de l'oncle Sam (Hopkins).

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