Depuis son dernier retour à l'avant-plan, Peter Green n'en finit plus d'enregistrer! Et de surprendre. Manifestement son label anglais Snapper croit en lui. Commis en compagnie du Splinter Group l'an dernier, son dernier album, " Destiny Road ", avait donné la nette impression qu'une filière musicale à la fois novatrice et assez personnelle, était occupée de se dessiner. Et puis, surprise, revoici, un album consacré au répertoire de Robert Johnson. Et croyez le si vous le voulez, mais ce n'est pas la première fois que Peter nous fait le coup. Il doit faire une fixation sur l'œuvre du mythique bluesman, disparu voici plus de 60 ans.
Autour de Peter, on retrouve l'inévitable Nigel Watson, qui talonne Green au chant et à la guitare, ainsi que Roger Cotton au piano, Pete Stroud à la basse et Larry Tolfree à la batterie. L'intérêt de cet album procède surtout de la présence d'invités de prestige. En effet, les albums sur lesquels on peut retrouver à la fois, Dr John, Buddy Guy, Otis Rush, Hubert Sumlin, Honey Boy Edwards et Joe Louis Walker ne sont pas légion. Autant d'arguments de vente qui justifient probablement la raison même d'éditer un album. N'attendez tout de même pas monts et merveilles de ce "Hot foot powder". Peter a clairement démontré ces dernières années qu'il avait perdu l'essentiel de ses vertus guitaristiques. Par contre, ce qu'il n'a jamais perdu, c'est le blues ; et surtout la sensibilité indispensable pour l'interpréter. Et tant pis si sa voix n'a plus l'aisance, ni l'autorité d'antan ; elle reste crédible dans ce type de répertoire. Vous vous laisserez ainsi bercer par le charme et la discrétion de "I'm a steady rollin' man" ou de "Little queen of spades", qui bénéficie du concours d'Otis Rush, ainsi que "Traveling riverside blues", caractérisé par la présence de Joe Louis Walker et de Honeyboy Edwards ou encore les interventions au piano de Dr John sur "From four until late" et "They're red hot".

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