Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Ora Cogan

Is it the sea

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Ecrire sur Bonnie Prince Billy, c’est plonger à corps perdu dans une œuvre prolixe. C’est tenter de trouver du sens à une personnalité dispersée jamais rassasiée, à une carrière protéiforme et une discographie tentaculaire (30 albums et EPs en 8 ans); c’est se confronter à une inspiration sans fin et des collaborations improbables (Sage Francis, Tortoise, Johnny Cash), à des pseudonymes sans cesse renouvelés (Palace Brothers, Palace Music, Palace, Will Oldham, Bonnie Prince Billy), à des interviews alternant le mutisme total et la provoc ( ‘Se masturber n'était pas vraiment un plaisir, c'était plutôt une pratique, un exercice, exactement comme écrire des chansons’). C’est enfin s’arracher les cheveux pour comprendre comment cette dispersion chronique peut s’évanouir dans un son tellement dépouillé, intimiste, univoque. Comment cette imprévisible figure –pour ne pas dire exécrable– parvient à démêler les écheveaux de sa multiplicité – pour ne pas dire prétention - ? Voici le mystère majeur de cette figure tutélaire du country-folk américain (NDR : même si l’intéressé se cabre instantanément devant une telle catégorisation de sa musique).

« Is it the sea ? » n’échappe pas au paradoxe Will Oldham. Cet enregistrement ‘live’ immortalisé par la BBC recrée admirablement cette émotion tremblante mais indécollable qui nous hante depuis des années. Pour éviter le coup imposteur des reprises du fond du tiroir, les morceaux bénéficient pour l’occasion des cordes et drones de l’Irlandais Harem Scarem ainsi que des percussions en dentelle d’Alex Neilson. Mais en filigrane, le paradoxe est intact. Chaque morceau, aussi transfiguré soit-il, reste frais et suranné, doux et rude, souriant et mélancolique, poli et usé. Et toujours ce timbre irréductible, invariable, indélébile, auquel on n’en finit pas de se raccrocher. Désespérément. Ou plein d’espoir. On ne sait jamais trop quelle émotion l’emporte mais on n’en mène pas large. Difficile dans cette hébétude de savoir si cette énième sortie sonne creuse ou purement commerciale. On laissera au Prince ténébreux le bénéfice du doute pour célébrer encore et encore ses épopées désarmantes.

 

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