La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

logo_musiczine

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

Langues

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

giaa_kavka_zappa_11
Suede 12-03-26

Is it the sea

Écrit par - -

Ecrire sur Bonnie Prince Billy, c’est plonger à corps perdu dans une œuvre prolixe. C’est tenter de trouver du sens à une personnalité dispersée jamais rassasiée, à une carrière protéiforme et une discographie tentaculaire (30 albums et EPs en 8 ans); c’est se confronter à une inspiration sans fin et des collaborations improbables (Sage Francis, Tortoise, Johnny Cash), à des pseudonymes sans cesse renouvelés (Palace Brothers, Palace Music, Palace, Will Oldham, Bonnie Prince Billy), à des interviews alternant le mutisme total et la provoc ( ‘Se masturber n'était pas vraiment un plaisir, c'était plutôt une pratique, un exercice, exactement comme écrire des chansons’). C’est enfin s’arracher les cheveux pour comprendre comment cette dispersion chronique peut s’évanouir dans un son tellement dépouillé, intimiste, univoque. Comment cette imprévisible figure –pour ne pas dire exécrable– parvient à démêler les écheveaux de sa multiplicité – pour ne pas dire prétention - ? Voici le mystère majeur de cette figure tutélaire du country-folk américain (NDR : même si l’intéressé se cabre instantanément devant une telle catégorisation de sa musique).

« Is it the sea ? » n’échappe pas au paradoxe Will Oldham. Cet enregistrement ‘live’ immortalisé par la BBC recrée admirablement cette émotion tremblante mais indécollable qui nous hante depuis des années. Pour éviter le coup imposteur des reprises du fond du tiroir, les morceaux bénéficient pour l’occasion des cordes et drones de l’Irlandais Harem Scarem ainsi que des percussions en dentelle d’Alex Neilson. Mais en filigrane, le paradoxe est intact. Chaque morceau, aussi transfiguré soit-il, reste frais et suranné, doux et rude, souriant et mélancolique, poli et usé. Et toujours ce timbre irréductible, invariable, indélébile, auquel on n’en finit pas de se raccrocher. Désespérément. Ou plein d’espoir. On ne sait jamais trop quelle émotion l’emporte mais on n’en mène pas large. Difficile dans cette hébétude de savoir si cette énième sortie sonne creuse ou purement commerciale. On laissera au Prince ténébreux le bénéfice du doute pour célébrer encore et encore ses épopées désarmantes.

 

Informations supplémentaires

Lu 1355 fois