Pour enregistrer son troisième opus, cet ensemble limbourgeois n'a plus confié la production à Kramer, mais à Elvis Peeters ; mieux connu pour avoir sévi chez Aroma Di Amore. Et première constatation, le son est plus brut, plus sale, plus ‘live’. A la limite, on a parfois l'impression de retrouver une acoustique spécifique aux fifties voire aux sixties. L'utilisation du DAT n'y est sans doute étrangère. Si le mélange de hardcore de post punk, de slo fi, de world et de noise folk, pratiqué par Perverted, est toujours aussi alternatif, la voix ‘rottennesque’ de Genis U est beaucoup moins présente. Ne se manifestant que sur deux ou trois titres. Pas plus. Elle est cependant relayée par celle de toute une série d'invités. Depuis Peeters, préposé à un exercice de style dans la langue de Vondel sur l'indigeste " Volmaakte onbeweeglijkheid ", à 2M alias Maaike Moens, impeccable dans son falsetto tout au long de " The hurting game " et de la cover d'Au pairs, " Headache ", en passant par Isabelle Neascu, conviée à réciter sa prose sur le très atmosphérique " Hornsberg ", un certain Ahmed Al Massoef lorsque le crazyhorsien " Snappetuna " vire à l'incantatoire ; et enfin Vandal Y et Vandal Z de Vandal X, célèbres pour leurs vociférations très caractéristiques. Le premier sur " Small town " et le funk blanc, dont les accents ont été empruntés à TC Matic, " Wilson " ; le second lors de la superbe et grinçante adaptation du " It's not peculiar " de Hüsker Dü. Vandal y apportant également son concours à la guitare. Sur " Czesem " et " Song to a hidden song ". Enfin, la coloration world est entretenue par Amarjeet Singh, qui a apporté son tabla pour deux fragments. Si à l'origine, Captain Beefheart, Sonic Youth et Bongwater constituaient les influences majeures de Perverted, ce " Mock tantrum " consacre un élargissement du champ de références ; mais vu la complexité de la musique, ce disque risque fort de n'intéresser qu'un public très averti…

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