Né en 1956 à SoIingen, l'Allemand Rannenberg est certainement un des fleurons européens dans l'exercice de blues et du boogie woogie. Il a pris très tôt goût au blues, à l'écoute de Blind John Davis, Henry Gray et de Willie Mabon. En 82, il part à Chicago ; et dès son retour, forme un duo avec le saxophoniste Gary Wiggins, the International Blues Duo. En 90, on le retrouve à San Francisco auprès de Johnny Heartsman.
Il est apparu à maintes reprises chez nous. Notamment à Tamines, pour y accompagner Angela Brown. Il a accumulé une expérience peu banale, en écumant une multitude de scènes mondiales. Il a déjà pas mal enregistré pour le label Acoustic, dont l'album "Blues", en 1997.
Il débute seul, par "Honey from Amsterdam", une admirable pièce de boogie woogie tempérée. Aron Burton est venu prêter sa voix rocailleuse pour le blues lent, "Any day but today". Chris assire la partie de piano avec une sensibilité exacerbée, digne de Roosevelt Sykes ou de Sunnyland Slim. Chris chante un autre superbe slow blues, "Early morning blues", face à la guitare de Jan Hirte et la basse d'Aron Burton. Notre teuton a tout compris des maîtres. Il aborde avec aisance toutes les facettes du blues. Puissamment mélodique sur "Bye bye tiger" et "Hooked", boogie woogie sans artifices pour le délicieux "Boogie Woogie Red special", et Chicago Southside tout au long de "Since you've been gone", une composition dont le piano est talonné par la slide de son ami de Cologne, Richard Bargel. Muddy et Otis sont alors dans notre esprit. Et je m'en voudrais d'omettre la présence de sa reprise du "Swanee River boogie". Un régal d'une bonne heure pour les adeptes du piano !

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