Le leader de Blue Chamber, c'est Big John Dickerson. Un solide musico noir, à la voix basse bien assise, qui marque déjà 66 ans au compteur. Il s’est établi depuis quelques années du côté de Minneapolis. C’est là qu'il a formé Blue Chamber en compagnie du Paul Mayasich et du trompettiste Joe Derasmi.
Blue Chamber débute sur un ton très Memphis, un "Good man blues". La guitare de Mayasich et l'orgue de Scott Miller sont à l'unisson. Un swing cuivré hante "Make the count". La voix de Big John prend toute son ampleur, lorsqu'il chante passionnément le lent "Reap what you sow", une chanson composée par la redoutable paire, Mike Bloomfield et Nick Gravenites, lorsqu’ils sévissaient au sein d’Electric Flag. Sur un ton R&B, légèrement funky, l'ombre de l'Electric Flag passe encore sur une somptueuse partie de 6 cordes accordée à "Tell me". Mais j'aime aussi lorsque l'ambiance se fait Stax. Comme dans la version funk, cuivrée, du "Low down dirty shame" de Carey Bell ; ainsi que sur la reprise explosivement boogie du "You upset me baby" de B.B. King. Un bon album qui se termine en jug style par "Black Coffie". A souligner, la production impeccable de Jim Gaines.

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