Le bluesman du soleil, au cœur de la Floride. Pour enregistrer son second album, Lomax a eu le nez creux. En recevant le concours de grosses pointures. Et notamment d’excellents vocalistes. En l’occurrence, Frank Frost et Shawn Brown. Il doit être friqué le Lomax car pour son 1er il avait déjà du beau monde. Bon, c'est peut-être aussi son talent et sa personnalité qui veulent cela. Mais si Willie est un guitariste talentueux, il n’est que piètre chanteur. Ce qui explique ses appels à l'aide.
Et c'est vrai qu'il a eu le nez creux, car "Back rub" nous transporte rapidement dans le monde des juke joints du Sud… Sam Carr à la batterie, Frank Frost au chant et à l’harmonica, ça vous dit quelque chose? Frost chante aussi un "Eddie Mae's cafe" bien carré, shuffle torride un peu pompé sur "Sweet home Chicago". Mais comme chanteur principal, il a trouvé l'oiseau rare en la personne de Shawn Brown. Il partage le chant et l'orgue comme s'il était dans le chœur de l'église baptiste du quartier. Nul doute qu'il ait forgé sa voix dans les chants de gospel, sa voix, talonnée par les envolées de la Strato à Willie. "Don't know what I did" et "For better or worse" sont de ces blues! Shawn chante comme un ange blessé le modérément rythmé "Take away your loneliness". Parfois comparé à Steve Earl, Lomax est un guitariste qui sait placer les notes qu'il faut, pas une de trop, au bon moment. Excellent musicien, il aborde tout naturellement l'exercice instrumental, humble et sacré sur le "People get ready" de Curtis Mayfield. Avec Sam Carr et Frank Frost au bord de la rupture sur "Ribs are ready" et "Hip joint". Il y a aussi le paternel à Lucky Peterson, James, qui se joint aux festivités. Il chante "She's so sweet" et "Don't fight the feeling". Un bon album de ce musicien soucieux de ses invités.

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