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L’Heritage Blues Orchestra est un patronyme lourd de signification. Il rend d’abord un hommage à une musique plus que séculaire, à l’origine dispensées par les Afro-américains confrontés aux difficultés quotidiennes de leur existence. Ils chantaient leur mal de vivre à travers des chants de travail (worksongs) entonnés dans les champs de coton (field hollers) ou le gospel, célébré dans les églises. A l’instar du jazz, musique née à cette époque, et dont les sources sont intimement liées. C’est un peu cet esprit que nous retrouvons dans la musique de HBO ; mais si cette formation respecte la tradition, elle se nourrit cependant aux sonorités contemporaines.

A l’origine, le HBO est issu de la rencontre entre deux amis, chanteurs et guitaristes, Junior Mack et Bill Sims Jr. Puis Chaney Sims, la fille de Bill est venue rejoindre le line up. Aux vocaux. Les drums sont assurés par Kenny ‘Beedy eyes’ Smith. Ce Chicagolais est le rejeton du légendaire et regretté Willie ‘Big Eyes’ Smith (ex- Muddy Waters Band). Curieusement, le rôle d’harmoniciste est dévolu au Français Vincent Bucher. A une certaine époque, il s’est illustré au sein de Sugar Blue! Au fil des tournées, l’Orchestra s’est enrichi d’une section de cuivres. Et elle était bien présente lors des sessions réalisées pour concocter cette première œuvre studio.

Le décor est planté au cœur du Delta du Mississippi. “Clarksdale moan” est une compo signée Son House. La voix de Junior est puissante mais pure. Les percussions de Smith démontrent toute l’importance du rythme. Le front de cuivre nous rappelle que nous ne sommes pas loin de la Nouvelle Orléans et de la folie de ses brass bands. Bien présent, l’harmonica opère le lien entre le blues et jazz. Miss Sims intervient aux vocaux sur “C-Line woman”. Un ‘spiritual’ dépouillé au cours duquel son père lui donne la répartie. Tribal, le rythme est soutenu par le tuba de Clark Gayton. Blues traditionnel, “Big legged woman” bénéficie du concours du talentueux Matthew Skoller (NDR : c’est le frère de Larry), à l’harmonica. La relecture du classique de Muddy Waters, “Catfish blues”, est lumineuse. Le tempo est particulièrement vivace. Grâce à ce style tout en rythmique de Vincent Bucher, mais aussi du front de cuivres. Bref, ce vieux blues reprend de belles couleurs. “Get down Hannah” est une work song issue de la plume de Leadbelly. Chaney chante a capella devant son père, dont les cris de douleur déchirent le climat sonore. Mack chante en solo, la voix chargée d’émotion, “Levee camp holler”. L’amplification n’est pas pour autant négligée. A l’instar de “Get right church”, piste au cours de laquelle Junior Mack se révèle brillant à la slide électrifiée. Probablement un des meilleurs moments de cet opus, au cours duquel le gospel naît du fruit de la conjugaison des voix. Shuffle de bonne facture, “Don’t ever let nobody drag your spirit down” (d’Eric Bibb) libère énormément de groove. Ce qui n’empêche pas la guitare de s’évader tout en retenue et en sensibilité. Retour du gospel pour “In the morning”. Les voix sont épanouies. Les cuivres en folie. Et tout particulièrement le trombone de Gayton. “Hard times” clôt l’elpee. Un morceau de plus de sept minutes découpé en trois mouvements. Tout d’abord, la voix de Chaney baigne dans la douceur du blues traditionnel. Elle précède l’irruption d’un quartet de cuivres dont le style est manifestement teinté de jazz moderne (NDR : pensez à Miles Davis) avant de céder le à une forme plus conventionnelle, puis de s’achever sous les coups de saxophone endiablés assénés par Bruno Wilhelm. Une plage vraiment pas banale ! Et pour que votre info soit complète, sachez que la mise en forme a été assurée par Larry Skoller. Installé à Cognac, haut-lieu français du blues, cet Américain est un véritable passionné. Et puis que la publication de ce disque bénéficie du concours de la ville hexagonale d’Aulnay sous Bois.

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Heritage Blues Orchestra
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Raisin Music / Coast to Coast
  • Date: 2012-02-28
  • Rating: 4
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