Evidemment, si vous êtes déprimés, ce n'est pas vraiment le style de disque qui va vous remonter le moral. Normal, puisque la plupart des chansons issues de ce " Curtains " sont empreintes de mélancolie, de tristesse et de désespoir. Et l'humour sous-jacent supposé imprégner les lyrics, plutôt sombre. Ce qui n'est pas fait pour détendre l'atmosphère. Que nous pourrions qualifier de lourde et tendue. Surtout lorsque la voix confessionnelle, nicotinée de Stuart Staples paresse pathétiquement sur la mélodie. Heureusement, les compositions de ce " Curtains " ne sont pas toutes calquées sur un profil aussi désespéré. Ce qui permet ainsi de pouvoir écouter l'œuvre d'une seule traite (NDR : plus d'une heure quand même !) sans tomber dans la sinistrose. " " Buried bones ", par exemple, titre sur lequel Stuart partage le chant avec la vocaliste de Bongwater, Ann Magnuson, bénéficie d'arrangements symphoniques clinquants, luxuriants ; " Tonight are you " et " Let's pretend " épousent un tempo paso doble, magnifié par un duo de cuivres mariachi, alors que " Dancing " est torturé par le violon grinçant, spectral de Dickon ; et enfin, " I was your man, bathtime ", dont les accès de basse sourds, glacés, réveillent en notre fors intérieur, le spectre de Joy Division...

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