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Born to be blue

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Eugene Bridges fêtera ses 50 ans en 2013. Il est le fil du bluesman Hideaway Slim. Ce guitariste est également chanteur. Il s’est forgé sa voix, comme tant d’autres, en chantant le gospel dans les églises locales. Mais très vite, il se passionne pour le R&B. Il quitte sa Louisiane natale pour le Texas où il s'enrôle dans l'US Air Force. Il milite alors au sein de trois groupes, The New Chosen, The Mighty Clouds of Joy et son Eugene Bridges Band. Pendant un an, il va tourner en Europe comme gratteur au sein du Big Joe Turner's Memphis Blue Caravan avant de remonter sa propre formation. Il est alors signé par le label anglais Blueside. Ce qui lui permet de mettre en boîte son premier opus, en 1998 ; un disque produit par le célèbre Mike Vernon, naguère fondateur du mythique label Blue Horizon.

En 2000, il passe chez Armadillo. Il enchaîne les long playings : "Man without a home" en 2000, "Jump the joint" en 2003 et "Coming home" en 2005, sans oublier sa carrière plus personnelle au cours de laquelle il publie un opus éponyme en 2007, un "Live in San Antonio" en 2009 et plus près de nous "Rock and a hard place" en 2011. Eugene se nourrit à la musique américaine pour forger son style : blues, R&B, soul, funk, gospel et rock! L’écurie insulaire Manhaton a réédité sa toute première œuvre, "Born to be blue", aujourd'hui introuvable.

« If you don’t wanna love me » ouvre l’elpee. Une plage veloutée, trempée dans le pur soul blues. La voix est parfaitement taillée pour le style. Le piano de Peter Zivkovic et l’orgue de James Hallawell se chargent de soigner l’environnement sonore. « Little Boy blue » est une compo aventureuse. Très éclectique, le jeu de cordes épouse la voix, lorsqu’il ne s’égrène pas en chapelet de notes finement ciselées. « Tears of a fool » est empreint d’une grande sensibilité. C e feeling oscille d’ailleurs de la tristesse à la mélancolie, en passant par la passion.  L’intro de « Born to be blue » lorgne vers le grand B.B King, une piste qui rend hommage au blues. Et d’abord à son père Othineil. La partie de cordes est de toute bonne facture. Bridges excelle dans l’écriture de petites plages de R&B. Il les chante en y injectant une fameuse d’émotion, évoquant même parfois le mythique Sam Cooke. A l’instar de « Learn how to let you go » ou la finale « A change is gonna come ». Il se met dans la peau de BB King pour attaquer « Aching heart », un blues lent superbe, d’une grande pureté, qui libère tellement de souffrance, de passion et d’amertume. Un sommet de près de 8’. Une empreinte BB, mais davantage swing, qui imprègne également « Somebody loves you » et « Good thang ». Eugene apprécie également beaucoup Jimmy Reed ; et il le démontre tout au long d’« Ain’t no reason no more ». Et on retrouve ses racines gospel, sur « Good times », titre sur le quel il est accompagné au chant par George Chandler. 

 

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