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Agé de 62 ans, ce Californien affiche déjà une bien longue carrière, derrière lui. Co-fondateur des Risins Sons, en 1964, en compagnie du mythique Taj Mahal, cet adepte du folk/blues était devenu un coopérateur inspiré des Rolling Stones, à la charnière des années 70. Depuis, il a mené une carrière exemplaire ponctuée d’une quinzaine d’albums personnels ainsi qu’opéré une multitude de collaborations, notamment auprès d’Ali Farka Touré, des Chieftains, du Buena Vista Social Club ou plus simplement est apparu auprès de Neil Young ou Eric Clapton, comme invité…

Sa dernière galette, “Pull up some dust and sit down”, est parue en 2011. A cette époque, on le présentait déjà comme un artiste engagé, n’hésitant à afficher un regard critique sur le monde politique. Et aujourd’hui, il a pris pour cible, la prochaine élection présidentielle qui se déroulera aux State, en novembre prochain. Le titre de son elpee, “Election special”, est d’ailleurs significatif. Cooder n’est ni conservateur ni traditionnel. Le parti républicain et son candidat, ce n’est pas sa tasse de thé! Il a déclaré qu’Omney était un home cruel, dangereux ; un rapace capitaliste. Pour concocter ce nouvel opus, Ry s’est replongé dans l’univers de son influence majeure folk : Mr Woodie Guthrie. Cet opus est néanmoins une affaire exclusivement familiale. Cooder signe toutes les compositions. Il se réserve le chant, assure la production et joue de tous les instruments, sauf la batterie et les percussions dévolues à son fils Joachim.

Ry démarre en force par “Mutt Romney blues”. Tout au long de cette ballade roots, il se met dans la peau du chien qui appartient au candidat républicain, désespéré de se voir transporté dans une cage sur le toit de la voiture. Ce grief mordant a fait l’objet d’une vidéo ‘cartoonesque’ ; elle met en scène un canidé qui chante et gratte les cordes. Introduit par une mandoline, “Brother is gone” est une réplique au “Crossroads” de 1936. Pour la circonstance, ce n’est plus le bluesman légendaire qui vend son âme au diable, en échange de la maîtrise de l’instrument, mais deux frères qui vendent la leur pour obtenir la toute puissance. En fait, il évoque ici les frères Koch, héritiers de l’une des plus grandes fortunes industrielles des USA, notoires pour leur comportement très conservateur. Les parties instrumentales sont excellentes. Blues bien rythmé, “The Wann street Part of town” est une autre réflexion –et elle est implacable– sur la part accordée au monde des finances. Et dans le style, les critiques pleuvent. A l’instar de “Guantanamo”. De “Going to Tampa”, plage au cours de laquelle il règle ses compte avec les féministes de droite comme Sarah Palin. De “Kool-Aid”, un superbe blues, traversé par une excellente intervention à la slide. Et enfin “The 90 and the 9”, un titre qui condamne l’action des agents recruteurs de l’armée dans les lycées. Jim Crow en prend aussi pour son grade. Très anciennes, les lois baptisées “John Craw” entretenaient la ségrégation sociale et raciale dans la plus grande démocratie de ce monde! “Cold cold feeling” constitue certainement la plus belle plage du long playing. Un blues lent majestueux  au cours duquel Ry prend publiquement la défense de l’actuel président Obama. Et la présence de la slide est un vrai bonheur. Avant de se retirer, Mr Cooder pousse un dernier cri de colère pour le respect des droits civiques, contre le viol de la Constitution: “Take you hands off it”. Martin Luther King proclamait ‘Do something if you can’ (Trad : ‘Faites quelque chose si vous le pouvez’. C’est chose faite pour Ry Cooder!

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Ry Cooder
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Nonesuch / Warner Music
  • Date: 2012-08-20
  • Rating: 4
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