Pokey Lafarge et ses musicos nous viennent de St Louis, dans le Missouri. Ils pratiquent ce que l'on appelle de l'americana, une musique qui reflète les diverses traditions de ce grand pays tout en rencontrant à la fois country, blues, ragtime, jazz et western swing. De son véritable nom Drew Heissler, Pokey ne se contente pas d’adapter le répertoire de ses ancêtres. Il privilégie même ses propres compositions. La musique est exclusivement acoustique. Pokey confesse pour influences majeures Jimmy Rogers, Blind Boy Fuller et Bob Wills.
Son premier album remonte à 2007. Il s’intitule "Marmalade". L’année suivante, il grave "Beat, move & shake". Deux œuvres commises en solitaire. C’est en 2009 qu’il décide de s’adjoindre un groupe. En l’occurrence le South City Three. Soit trois musiciens locaux. C’est-à-dire le guitariste Adam Hoskins, le contrebassiste Joey Glynn et l’harmoniciste/percussionniste Ryan Koenig. La formation se produit dans de nombreux festivals, dont le Newport Folk Music, mais également un peu partout en Europe. En 2010, le groupe publie "Riverboat soul" et "Middle of everywhere" en 2011.
Il était temps que le quartet immortalise une prestation ‘live’. Et pour concrétiser ce dessein, le combo a choisi les Pays-Bas. En avril 2012, il a donc décidé d’investir une partie du complexe aménagé au célèbre Paradiso à Amsterdam, pour se produire face à une assemblée acquise à sa cause. Entraînante et bien rythmée, la musique de Pokey et ses potes baigne dans un climat de bonne humeur. Certains la compareront volontiers à celle des gitans. Si vous appréciez Django Reinhardt, vous devriez facilement succomber aux jeux de cordes subtils, manouches, dispensés par le leader et Adam. Ryan a également droit au chapitre et souffle toute sa ferveur dans son harmonica. Fort bien d'ailleurs. Notamment sur "Can't be satisfied" et "Fan it". Il y étale toute sa maîtrise. Western swing, "Brick thieves" ne manque pas de charme. On y revoit les images de ces chemins poussiéreux empruntés jadis par les cow-boys sur leurs montures au galop. Un petit coup de mirliton vient égayer "Claude Jones". La présence d’un violon ou d’un un piano barrelhouse aurait certainement été judicieuse. Surtout pour pénétrer dans l’univers du western swing. Néanmoins, cet opus est de toute bonne facture. Finale particulièrement country blues, "La La Blues" en est une autre démonstration.

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