Dès qu'ils se sont rencontrés, le courant est passé entre ces deux artistes. Le blanc, Joe Kubek, chanteur/guitariste texan, admirateur de Johnny Winter et Stevie Ray Vaughan. Le noir, Bnois King, Louisianais, lui aussi chanteur/guitariste, davantage influencé par les sonorités les plus douces de T-Bone Walker et BB King. Ensemble, ils ont publié une bonne douzaine d'albums chez Rounder, Bullseye, Blind Pig et Alligator. Ils sont aujourd’hui hébergés chez Delta Groove, l’écurie de Randy Chortkoff.
Pour la première fois, la paire a enregistré un elpee unplugged. Lors des sessions d’enregistrement, le tandem a bénéficié du concours d’invités prestigieux. Le duo singe 12 des 14 plages de cet opus.
Le duo se réserve l’ouverture. Il adapte le "Poor boy blues" de Ramblin' Thomas. Louisianais ce bluesman noir a sévi au cours des années 30 et a été emporté par la tuberculose, en 1945. Bnois chante de sa voix douce et feutrée "Can't let go". Les cordes de Joe sont soutenues par un équipage de gratteurs royal : Paul Size (ex-Red Devils), le Californien Kirk Fletcher et le Texan Shawn Pittman, ce dernier à la National Steel. La voix de King est vraiment expressive tout au long de "My best friend". Elle colle parfaitement à la ligne mélodique. L'émotion monte de deux crans, lorsque Smokin' Joe fait son apparition à la slide… Les amis se bousculent au portillon pour attaquer "Keep her around", un texas shuffle acoustique bien nerveux. Willie J Campbell et Jim Bott (deux Mannish Boys) assurent la section rythmique. Et on identifie trois harmonicistes : Bob Corritone, Big Pete VanderPluijm et Randy Chortkoff, le patron de Delta Groove. Kubek et King opèrent leur retour en duo pour "Get out there and get it" et "Yankin' my chain". Joe s’y révèle vraiment impressionnant sur les cordes. "Drowning in Red Ink" est un blues lent somptueux. Le message dispensé est empreint d’une grande sensibilité. Les interventions aux ivoires de Fred Kaplan sont délicates et se conjuguent en harmonie avec la slide du père Kubek. Du blues élémentaire 5*. Bob Corritone brille de mille feux sur le country blues rapide "No good could come of this". Autre blues lent, "Ordinary blues" bénéficie du concours de Kirk Fletcher aux cordes. King déborde de feeling tout au long de "Jump the moon", une ballade émouvante qu’il illumine d’une touche hispanique dans les cordes. "Mama's bad luck child" est un blues authentique. Il s’agit d’un arrangement de la composition du bluesman Texas Alexander, dont la version originale avait été mise en boîte dès 1928! Lynwood Slim, qui figure également sur la liste des guests, souffle passionnément dans sa musique à bouche. Les deux amis se réservent la finale, en l’occurrence le délicat "Baby you're the one". "Close to the bone" est une parenthèse particulièrement réussie dans la carrière du duo!

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