Les Rusty Roots sont incontestablement un des meilleurs blues bands, en Belgique. Fondé en 2004, cet ensemble limbourgeois a effectué ses débuts au célèbre Belgium R&B Festival de Peer. Son premier album, "100 miles", était paru en 2006. Il avait bénéficié de la participation du talentueux chanteur/guitariste Marc ‘Tee’ Thijs. Deuxième elpee, "Electrified" était sorti en 2008.
Jan Bas est le chanteur. Il est soutenu par deux brillants instrumentistes, le guitariste Bob Smets et l’harmoniciste qui double à la guitare rythmique, Kris ‘Rev Hotrod’ Rogiers. Le line up implique également le drummer Nico ‘Tutt’ Vanhove et le bassiste Stefan ‘Body’ Kelchtermans. Pour la première fois, les Rusty Roots signent toutes les compos. Et Tee s’est chargé de la production et du mixing !
"Wiggle" ouvre l’elpee. Le tempo adopté par cette plage me rappelle le Creedence Clearwater Revival. Proche de celle de John Fogerty, la voix de Jan est bien mise en évidence. Le travail opéré sur cette voix, tout au long de "Wake up", est particulièrement soigné. La mise en forme adoptée par Tee n’y est pas étrangère. Agitée de percussions et lacérée par les petits coups de griffe de l'harmo, l’instrumentation est minimaliste. "Too tight" est certainement la compo la plus originale de l’elpee. Allègre voire dansante, elle est couverte d’accents exotiques, latinos. Chant, cordes et cuivres s’y fondent dans un bel ensemble. "Country and wagons" est imprimé sur le rythme saccadé du chemin de fer. La voix est chargée de reverb, mais reste claire. Un morceau qui permet à Rev' Hotrod de s'envoler sur l'harmonica. Un éventail de percus bien choisi électrise "Get down", une piste dont la trame funky se révèle très passionnante. Rogiers arrache tout ce qu'il a dans les poumons pour faire exploser son harmo. Jan chante "Thing" à nouveau comme Fogerty. Son autorité et son assurance impressionnent. L'orchestration demeure sobre et efficace. Si "Easy" s’intègre dans le Chicago Westside, cette compo a été personnalisée. Des vocaux a cappella ouvrent "Money train", à l’instar d’une worksong enrichie de percussions. Puis la plage emprunte un rythme hypnotique, digne du mythique géant disparu, Howlin' Wolf. Le son proposé par Rusty Roots est vraiment original. "Let her down" et "Something ain't right", davantage ska, en sont de nouvelles illustrations. Cet album constitue certainement une des meilleures productions blues belges de ces dernières années…

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