Guy Verlinde, alias Lightnin' Guy, est un Brugeois âgé de 37 ans. Un bluesman belge qui chante, joue de l'harmonica et de la guitare. Il avait monté son premier groupe en 1993, les Smokin' Chilluns. Il rencontre alors Mario Noppe, le guitariste et leader de Maxwell Street. Ce dernier lui apprend la technique de la slide et l'invite à le rejoindre dans sa formation, band qui se rebaptise Mo' Rice. Guy se focalise ensuite sur l'harmonica. Il reconnaît alors pour maîtres, Sonny Boy Williamson II, James Cotton et le regretté Lester Butler. Devenu une valeur sûre du blues belge, Guy joue sur plusieurs tableaux. Il est le leader des Mighty Gators, en compagnie desquels il publie l’excellent opus "Live from the heart", en 2009. Il se réserve la guitare slide chez les House Rockers, une formation responsable de l’elpee "Lightnin' Guy plays Hound Dog Taylor", publié sur le label français Dixiefrog, en 2012. Enfin, il se produit également en solo.
Ce long playing aborde une facette de l'artiste qui n'avait pas encore été explorée. Guy signe douze des quatorze plages. Le disque s’ouvre par le titre maître. Lightnin' Guy est armé de sa resonator acoustique et souffle dans son harmo diatonique. Il chante en tapant du pied. Plutôt que de déesse indienne, cette plage baigne dans le delta du Mississippi. Le violoncelle de Toon Vierick amorce "99%", une ballade empreinte de douceur. Des backing vocaux soutiennent la voix de Guy. Les sonorités de ses cordes sont belles, pures, immaculées. Un doigté subtil qui caresse également "Yser", un hommage rendu à cette rivière flamande et "Against the grain". La voix colle bien au répertoire intimiste ; elle se met au service de chansons qui baignent davantage dans un registre folk que blues, à l’instar de "Don't you cry", caractérisé par la superbe voix de Miss Ibernice MacBean. "Enraciné dans le vent" est un bien joli intermède musical". L’elpee recèle deux covers. Tout d’abord une reprise majestueuse et bouleversante du célèbre "Voodoo Child" de Jimi Hendrix, une piste au cours de laquelle les cordes de sa Weissenborn sont limpides, tandis qu'il tape du pied sur sa valisette. Puis le "Bring it on home to me" de Sam Cooke, plage pour laquelle il a reçu le concours d’un invité à l’harmo, Steven Troch. Le blues n’est quand même pas négligé. Et nous révèle quelques moment exquis, au cœur de cette musique des racines, dont "Runnin' back to you" et "Reckonin' blues", illuminé par la Resonator. "Ovestrong revisited" bénéficie des interventions subtiles de mandoline, accordées par Willy Devleeschouwer et des accords de piano de Patrick Cuyvers. De toute bonne facture, cet album s’achève par "Boogie train", un boogie endiablé au cours duquel notre Guy se vide complètement les tripes...

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