Originaire de Galveston, ce jeune Texan fêtera bientôt ses 38 balais. Il a chopé le virus de la musique, dès son enfance. A 16 ans, il ose monter sur scène auprès de Bo Diddley, la légende du rock et du blues. Il tape aussi dans l'oeil des géants du blues texan : Albert Collins, Johnny Copeland et Clarence Gatemouth Brown. Il sort sa première galette "Hamilton" en 1994 et embraie par quelques autoproductions, "Just gimme one night" en 96, "All fired up" en 99 et "Live – Highlights" en 2002. Son cocktail de blues, funk et soul commence à intéresser les grosses écuries. Le label de San Francisco, Blind Pig, le signe. Hamilton y publie "Kickin' it" en 2003, une œuvre plébiscitée par la presse spécialisée. Puis "Ain't just temporary" en 2007, un disque pour lequel il reçoit le concours de Bo Diddley. Un nouveau live intitulé "Live in England" paraît en 2009, mais il marque son retour sur son propre label, Ham-Bone.
"Give it back" a été mis en boîte au Texas, à Houston. Hormis une plage, toutes les compos sont signées Loomis ou cosignées en compagnie de Michael Hodge, responsable de la mise en forme de l’elpee. Depuis le début de sa carrière, outre le chant, Hamilton joue d’une multitude d’instruments. Depuis la guitare bien sûr, aux claviers, en passant par l'harmonica et la talk box. Il est cependant épaulé ici par sa section rythmique, en l’occurrence le drummer Jamie Little et le bassiste Tommy Sims ; sans oublier un organiste et des cuivres.
Le trio de base ouvre l’elpee. Des choeurs soutiennent le chant d'Hamilton tout au long de "Stuck in a rut", un funky blues solide. R&B mélodique, "Eternally" sonne l'arrivée des cuivres. La basse de Sims balise bien le tempo. Les interventions vocales ne manquent pas d’allure. D’ailleurs, lorsqu’il aborde le soul/blues, ses intonations peuvent lorgner vers Stevie Wonder. Dédoublée, la guitare commence à sortir de sa réserve. Loomis injecte beaucoup de conviction dans la voix pour chanter "She's had enough", un boogie léger découpé par un riff bien assuré. Il ponctue ses interventions par les cris déchirants de son harmonica. Victor Wooten milite au sein de la formation de country/jazz, Bela Fleck and the Fleckstones. Il se réserve le chant et la basse sur "Give it back", une ballade soul/funk au cours de laquelle la quatre cordes frôle le délire. Les grattes crachent leurs flammes sur "Partner in crime". Hamilton active sa talk box sur cet excellent funk rock. Ballade indolente, "A woman like you" ne manque pas de charme. "High" est un blues/rock puissant. Un morceau alimenté par l’ensemble des instruments. La densité est impressionnante. Loomis se sert de tout ce qui lui tombe sous la main : guitare, talk box et harmonica. L'album s’achève par "Peer Pressure", une plage instrumentale contaminée par le funk. Loomis avait fait forte impression lors de l’édition 2012 du Festival de Peer. Il doit s’en souvenir. Très cuivrée, cette piste est même très susceptible de rappeler le James Brown Band.

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