Alors qu’« In Utero » bénéficie d’une réédition en grande pompe, les fans de Nirvana et du grunge en général seraient bien inspirés de ne pas se vautrer dans la nostalgie et de jeter une (sale) oreille sur « Vanishing Point », le nouvel album de Mudhoney ! C’est ce que Kurt Cobain aurait fait, en tout cas…
Publié en 1985, l’Ep « Come on Down » est considéré comme le premier disque de grunge. Et la paternité en revient à Green River, formation qui allait changer son patronyme en Mudhoney. Dès 1989, il allait même partager un split single en compagnie de Sonic Youth, sur lequel le band new-yorkais reprenait « Touch me I'm sick » et Mudhoney, « Halloween ». Ce qui allait leur permettre de devenir les nouveaux héros de Seattle.
En un quart de siècle, Mudnoney n’a rien perdu de sa rage. Toujours emmené par Mark Arm et Steve Turner, le band prend toujours un réel plaisir à laisser macérer ses compos dans la distorsion. La musique de ces vétérans m’a ainsi toujours fait penser à une version punk et énervée de Pearl Jam (Jeff Ament et Stone Gossard ont d’ailleurs milité au sein de la première mouture de Green River, avant de fonder Mother Love Bone puis Pearl Jam) ou moins subtile de Dinosaur Jr (« Douchebags on Parade »). Les guitares sont bavardes et Mark Arm éructe des paroles caustiques et cyniques à la manière d’un Mark E. Smith tout au long de ce 9ème opus qui ranime un peu la morgue des Stooges (« Chardonnay »), en plus pop toutefois (« I Like it Small »). Caractérisé par ses sonorités crades et ses lyrics virulents, « Vanishing Points » est bien plus à ranger du côté de « Bleach » que de « Nervermind » !

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