Après avoir publié un opus éponyme et un live ("Songs from the road"), l’an dernier, ce super groupe de blues rock, issu de la Nouvelle Orléans, nous propose déjà son troisième elpee. Le line up implique trois chanteurs. Soit Cyril Neville, l'un des fameux frères qui symbolise si bien cette Big Easy. Puis Devon Allman, le fils de Gregg et le neveu du regretté Duane. Et enfin, Mike Zito, performer particulièrement doué. Zito et Allman se réservent les guitares. Les cinq musicos participent à l'écriture. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au studio louisianais de Dockside, à Maurice, sous la houlette de Jim Gaines. Et sa mise en forme est impeccable.
"World Blues" célèbre la fraternité sudiste. Solide, l'assisse est assurée par Yonrico Scott et Charlie Wooton. Les trois vocalistes chantent en chœur. Les guitares crachent rapidement leurs flammes ; et déjà à l’avant-plan, la slide est dévorante. Cyril signe "Rock'n'roll", une compo qui porte bien son titre. Elle déménage. Et puis la voix veloutée de Neville prélude les envols des deux grattes, toujours à l'affût! Tramé sur une rythmique syncopée et caractérisé par l’excellente intervention vocale, "Groove on" libère effectivement énormément de groove. Soutenu par la basse, "Here it is" est sculpté dans du pur funk. Zito chante d’un timbre rauque et ravagé. Zito signe la musique de "Callous", une piste qui baigne au sein d’une atmosphère quasi irrespirable. Quoique agonisante, la voix est bien maîtrisée. Les sonorités des guitares sont tourmentées, torturées, mais tellement enivrantes. Toujours issu de la plume du même Zito, "Ritual" opère un retour au southern blues, une plage qui monte irrésistiblement en puissance, avant l’explosion attendue des cordes. Devon Allman signe "Shoulda known", une jolie ballade soulignée par une voix lumineuse. Cyril chante son "Let's ride", un autre funk néo-orléanais imprimé sur un tempo lent. Le climat est dramatique. Toutes en rythme, les grattes se reconnaissent progressivement. Devon Allman se réserve le micro pour attaquer son "Trapped", encore un morceau qui monte graduellement en intensité. Des cordes acoustiques caressent "She's my lady", une ballade empreinte d’une grande douceur, au cours de laquelle tous les vocalistes reprennent le refrain en choeur. Et "Takes a village" s’inscrit dans le même cadre. Une sorte de gospel moderne dont le climat est à la fois dépouillé et riche en tonalités diverses, des variations produites par la sèche et un Resonator aux sonorités métalliques. Remarquable ! "Love and peace" clôt l’opus, une finale très caractéristique de la culture néo-orléanaise. Les percus sont bien mises en exergue, alors que toutes les voix se conjuguent pour propager ce message d'amour et de paix…

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