De son véritable nom Todd, Gaye Adegbablola est une chanteuse/guitariste américaine de couleur noire. Née en Virginie, elle est diplômée en biologie et chimie de l'université de Boston. Elle est ainsi devenue professeur. Mais c’est également une brillante activiste. Elle a été surnommée Adegbalola par un prêcheur yaruba, en 1968. Elle est cofondatrice du groupe féminin Saffire – The Uppity Blues Women. Une formation qui a sévi 1984 à 2009 et enregistré de nombreux albums pour le label Alligator. Elle se produit aujourd'hui en solo ou en duo, mais aussi en compagnie de Wild Rütz, un combo dont le blues a cappella est uniquement soutenu par quelques percussions et de rares cordes acoustiques.
Le line up du backing group réunit la Californienne (San Francisco) Tanyah Cotton, Gloria Jackson et Marta Fuentes, une Portoricaine de naissance. C'est Gaye qui signe l’ensemble du répertoire.
De percus primaires introduisent "Is it still good to ya?". Gaye chante seule face aux chœurs des trois Wild Rütz. Et il s'agit bien de blues a capella. Il faut reconnaître que ces voix sont envoûtantes. Sur "Giving you my mojo", le chant est légèrement doowop. La tonalité des vocaux est très large et oscille de basse à très aigue. "Eye candy" est un superbe blues, au cours duquel Adegbalola joue de la slide. Et les sonorités qu’elles dispensent sont limpides. "Fireballin'" serait une chanson à boire. Il est vrai que nos quatre dames semblent bien joyeuses. Savoureux, "Boy in the boat" est sculpté dans le pur doowop. Outre leurs harmonies lumineuses, les musicos se consacrent aux percussions : djembes, gombos, tambourins, jugs, spoons, congas, flat drums et j’en passe. Des vocaux qui se conjuguent au cœur d’un ensemble minimaliste, tout au long de "I know you wanna change (but yo' momma won't let you)". Perso, je préfère lorsque Gaye se sert de sa gratte. Elle y aborde alors le blues, à l’instar du ludique "The dog was here first" ou de "Sick leave blues", un morceau imprimé sur un tempo entraînant exécuté par des claquements de mains. Un rythme allègre qu’on retrouve sur "Only one truth", un autre blues dont le message véhiculé souligne que chaque décision dans la vie doit passer par la stricte vérité. Gospel, "Let go let God" est une prière adressée au Seigneur. "You don't have to take it" dénonce la violence conjugale. Et l’elpee de s’achever par "These blues are mine", un dernier blues coécrit par Gaye et son fils unique, Juno Lumumba Pitchford. Un opus est remarquable sur le plan vocal…

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