A l’origine, The Beat Daddys était un duo réunissant Tommy Stilwell et Larry Grisham. Ils sont nés à Evansville, un patelin sis au bord de l'Ohio, dans l'Indiana. Fin 1981, ils militent chez The Phonz. En 1986, le duo fonde The Beat Daddys. Début des 90’s, il signe chez Waldoxy, label qui relève de Malaco. Leurs deux premiers elpees, "No, we ain't from Clarksdale" et "South to Mississippi", ont été enregistrés au célèbre studio Muscle Shoals (NDR : c’est dans l'Alabama). Stillwell entame alors une carrière solo en 1995. Mais dès 2000, il opère son come-back. Larry chante, se consacre à l'harmonica et la guitare rythmique ; Tommy se réserve la guitare solo et assure les backing vocals. "Hoodoo that we doo" constitue déjà leur 9ème opus. Pour l’enregistrer, ils ont reçu le concours d’une section rythmique composée de John Gillespie à la basse et David Parks à la batterie.
"These chains", morceau qui ouvre l’LP, restitue bien l'atmosphère des blues ancestraux ; des ‘work songs’ qui reflétaient la misère des noirs, dans le delta du Mississippi. Les percussions sont lourdes. "Sorry" est une plage grave et mélancolique. L'accent est posé sur les voix. En arrière-plan, l'harmonica accentue le climat lugubre. Quant aux percus, elles sont toujours à l’avant-plan, même si la gratte amplifiée de Stillwell occupe progressivement le terrain. Le tempo est aussi nonchalant sur "You made me cry", une très belle compo, subtilement parfumée de southern blues, au cours de laquelle la voix de Grisham devient autoritaire face au riff de guitare et aux interventions discrètes de Patrick Preston, à l’orgue. "The moment" adopte un même tempo. La voix grave de Larry est chargée d’émotion, alros que son ami, Tommy, égrène des notes empreintes d’une grande sensibilité, sur ses cordes. Le tempo s’élève légèrement pour "Pie or cake", une piste tracée sur la ligne Memphis – Chicago. Larry entrecoupe son chant de brèves mais judicieuses interventions à l’harmo ; Preston enrichissant le tout au piano. Dynamisé par ses rythmes exotiques et syncopés, élaborés par David Parks, "Hoodoo woman" est sans aucun doute un moment fort de l’opus. Stillwell se réserve un excellent solo sur sa gratte en reverb destiné à rendre l’atmosphère spectrale. Tommy exécute un autre solo sur "DUI Love". Parcimonieux, il monte progressivement en intensité tout au long de cet autre blues lent. Cool, "Been thinkin'" est coloré par les voix soul. Et l’orgue favorise un envol de cordes. Et c’est un régal ! Changement de style pour "Luck's got to change". Une plage plus solennelle, légèrement teintée de country et de soul. Douce, la voix est éraillée. L’orgue, dense et chaleureux. La sèche imprime le rythme alors que la gratte amplifiée se révèle paradoxalement majestueuse. Shuffle, "The blues can heal Ya" bénéficie d’excellentes harmonies vocales et se distingue par de bonnes sorties d’harmonica et de six cordes. En intro d’"I need a woman", on perçoit des craquements, comme si on voulait reproduire les sonorités d’un 78trs. Mais le ton change rapidement, et le morceau se révèle bientôt agressif, tant dans la voix, la slide que les drums…

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