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Outskirts of love

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Dans l’univers du blues contemporain, Shemekia Copeland est assurément l'une des les plus populaires. C’est la fille du regretté bluesman texan, Johnny Copeland. Née à Harlem (New York), elle n’affiche encore que 36 ans. Et pourtant, sa carrière est déjà bien remplie. En 1998, elle signe un contrat sur le label chicagoan, Alligator. Elle y sort son premier opus, "Turn the heat up!", la même année. En 2008, passe chez Telarc International et y grave "Never going back", l'année suivante. En 2012, elle est couronnée ‘New Queen of the blues’ lors du Chicago Blues Festival. La couronne lui est remise par la fille de Koko Taylor, qui avait décroché ce titre, l’année précédente. Pour publier son 7ème opus, elle a décidé de revenir sur son écurie originelle, Alligator. Les sessions d'enregistrement se sont déroulées au sein des studios de Nashville, sous la houlette d’Oliver Wood. Le leader des Wood Brothers, se consacre également à la guitare. Elle a également reçu le concours d’autres collaborateurs, dont Jano Rix à batterie et aux claviers ainsi que Lex Price à la basse.

Shemekia ne signe qu’une seule chanson. Le reste est quasi-intégralement constitué de compositions dévolues à Wood et son manager John Hahn, mais également de reprises. Plutôt blues/rock, les deux premières plages sont issues de la plume de Hahn et Oliver Wood. Tout comme l’excellent titre maître. Un morceau bien nerveux au cours duquel le chant de Shemekia passe en puissance, alors qu’Eric Fritsch tapisse l’ensemble de son orgue pendant que Will Kimbrough (NDR : il est issu de l'Alabama) se distingue à la gratte. Et si "Crossbone Beach" évolue dans le même registre, c’est la steel guitare de Robert Randolph qui y tire son épingle du jeu. Puissante, la voix de Shemekia déchire l’écran sonore sur "Devil's hand", une composition écrite par son père. Homogène, "The battle is over" est un morceau popularisé il y a un bail, par Sonny Terry et Brownie McGhee. Caractérisée par sa rythmique proche des Rolling Stones, l’adaptation vire davantage au rock. Les choses sérieuses commencent dès "Cardboard Box", un titre cosigné par John Hahn et l'Anglais Ian Siegal. Miss Copeland est épaulée par le célèbre bluesman californien Alvin Youngblood Hart, au chant et à la guitare. Et la conjugaison naturellement autoritaire des vocaux est très réussie. "Drivin' out of Nashville" incarne bien le style de la Music City du Tennessee, une piste de country/rock, balayée par la pedal steel de Pete Finney et fréquentée par la six cordes de Guthrie Trapp, un des requins de studio locaux. Shemekia chante enfin "I feel a sin coming on", un blues popularisé jadis par Gene Watson et surtout Solomon Burke. Enrichie par la participation de Matt Glassmeyer au saxophone, la version est superbe, alliant, passion, expression et détermination. Jess Winchester est considéré comme un spécialiste de la country. Il signe "Isn't that so", une plage dynamisée par les percus néo-orléanaises. Jano Rix siège derrière le piano et très inspiré, Oliver Wood se consacre aux cordes, sur ce morceau qui démontre l’amplitude de styles abordés sur ce long playing. Shemekia s'attaque alors à un des classiques de ZZ Top, "Jesus just left Chicago", une plage figurait sur l’LP "Tres Hombres", gravé en 1973. On y ressent bien le climat originel institué par le trio texan. La voix transpire de vécu ; mais bonne surprise, Billy Gibbons –dont les sonorités de gratte son bien identifiables– y apporte son concours. Miss Copeland poursuit sa lecture blues d'un passé glorieux, en abordant le "Long as I can see the light" de John Fogerty, une chanson qui figurait sur le "Cosmo's Factory" de Creedence Clearwater Revival, un elpee paru en 1970. L'émotion est intense. L'intervention aux cordes de Will Kimbrough constitue un morceau de bravoure. Place ensuite à la cover funky du "Wrapped up in love again" d'Albert King, auquel participe son ami, Arthur Neilson, à la guitare. Le "Lord, Help the poor and needy" de Jessie Mae Hemphill (NDR: une blueswoman issue de Mississippi) clôt cette plaque. Emouvante, dépouillée, cette finale trempe dans le gospel le plus pur…

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Shemekia Copeland
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Alligator / V2
  • Date: 2015-09-11
  • Rating: 4
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