The Bloodhounds est un quartet issu de East L.A. Le line up réunit le chanteur/guitariste Aaron ‘Little Rock’ Piedraita, le gratteur/harmoniciste Branden Santos, le bassiste/banjoïste/ harmoniciste Johnny Santana et le drummer/percussionniste Mark Schafler. La formation pratique une musique qui mêle R&B, punk, country, blues et rock latino. Un peu dans l’esprit de formations issues des sixties, comme Count Five, Chocolate Watch Band, Sir Douglas Quintet et ? and the Mysterians… Pas étonnant que ce soit le producteur indépendant Arthur Alexander (NDR : il collabore régulièrement avec le label Bomp !) qui était aux manettes lors des sessions d’enregistrement.
"Indian Highway" macère dans le garage, même si la mise en forme est raffinée et qu’un piano s’invite dans le jeu de quilles. "Wild little rider" adopte le profil plutôt punk des garage bands, qui ont sévit lors de la British Invasion, comme Them ou les Pretty Things. Les interventions à l’harmo sont endiablées. Excellent, "Saint Dee" s’illustre par de superbes échanges de cordes. "Olderbudwiser" (NDR : enrichi de superbes harmonies vocales) et "Dusty bibles & silver spoons" rappellent les jug bands. Les percus sont rudimentaires (cuillers, washboard, kazoo, etc). Les guitares acoustiques. Et Levi Alvarez se sert d’une washtub basse, sur le second titre. La version du "Crackin' up" de Bo Diddley est plus pop. Les vocaux lorgnent vers la beat musique anglaise, et tout particulièrement celle des Kinks. Imprimé sur un tempo rock légèrement contaminé par le boogie, "They call'm The LSC" est un titre brillant. Balisé par la section rythmique, il permet à la slide guitare primaire de prendre son envol. Remarquable ! Le hurlement d’un loup introduit "The Wolf", avant que la piste n’adopte une rythmique hypnotique digne de Howlin' Wolf. Son "Smokestack lightning" est d’ailleurs une référence. Une chouette version sans la moindre prétention, caractérisée par des tonalités de cordes surannées, alors que la voix de Piedraita s’autorise les poses d'un Jagger. Avant que la compo ne subisse un grand coup d'accélérateur. L’énergie est alors débordante. Branden Santos en profite pour faire chauffer à blanc sa slide. "Hey Lonnie" nous entraîne au cœur d’un passé encore plus lointain. Le piano d’Alex Galvan est judicieusement désaccordé. Un frottoir sert de percussion. On se croirait revenu à l’époque du cinéma muet. La cover du "Security" d'Otis Redding est savoureuse. Une de ces petites perles des sixties, baptisée ‘nugget’. Elle avait été reprise par l'Australien Thane Russal, en 1966, qui l’avait gravée en 45tours. La nouvelle version restitue fidèlement celle, plus garage, de ce dernier. L’harmonica prend même son envol sur cette piste qui n'a pas pris une ride. R&B dansant, "Try a little reefer" baigne au sein d’un climat proche des Rolling Stones originels. L’osmose entre guitare, orgue et harmonica est parfaite. "Bottle cap blues" clôt l’elpee. Une belle tranche de punk rockin' blues. Bien découpée, elle est cependant dominée par l'harmonica, alors que la rythmique est encore profilée sur celle des Stones, à leurs débuts.

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