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Born to play Guitar

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BB King disparu, Buddy Guy est devenu l’aîné des bluesmen célèbres encore en vie. Il fêtera ses 80 balais, en juillet prochain. Il n'appartient ni à la première, ni même à la seconde génération ; ce qui ne l’a pas empêché de se forger une notoriété. Et de susciter l’intérêt de labels majors. Malgré son âge, son remarquable guitariste déborde toujours autant d’énergie. C’est en 1957 qu’il s’établit à Chicago. Il y devient un fervent disciple de Muddy Waters. Son style et sa technique vont lui permettre d’établir un pont naturel entre le blues et le rock'n'roll. Ce qui explique pourquoi il est devenu une référence pour des gratteurs légendaires qui ont marqué les sixties, comme Eric Clapton, Jimmy Page et Jimi Hendrix. Sans oublier, mais un plus tard, Stevie Ray Vaughan. Enfin, Buddy Guy a publié une multitude d’albums, auxquels ont souvent collaboré de grosses pointures issues du blues contemporain.

Et c'est une nouvelle fois le cas pour ce "Born to play guitar"! Les sessions se sont déroulées au studio Blackbird, à Nashville, sous la houlette de Tom Hambridge. Ce dernier possède une plume féconde. Lorsqu’il ne signe pas les compos de cet opus, il les cosigne en compagnie de Buddy. En outre, il se consacre aux drums. Rob McNelley se réserve la rythmique. Issu de Nashville, cet ex-Tinsley Ellis et Delbert McClinton Band est un musicien de studio particulièrement prisé à Nashville.

Blues intimiste, voire autobiographique, "Born to play guitar" ouvre la plaque. Soutenue par le piano du fameux Kevin McKendree, la voix de Buddy est chargée d’émotion. Changement de cap pour "Wear you out", une plage caractérisée par un son primaire et sauvage, au cours duquel Billy Gibbons (ZZ Top) et Guy se partagent le chant et les cordes. De la pure dynamite! Plus classique, "Back up Mama" se consume lentement. Guy est dans son élément. Les tonalités de ses cordes sont à la fois superbes, frémissantes, accrocheuses et chargées de feeling. Il attaque une version explosive du "Too late" de Willie Dixon (NDR : un titre écrit en 1953 pour Little Walter), un classique qui met en exergue un des maîtres de l’harmonica, Kim Wilson. Ce dernier est encore au poste pour "Kiss me quick", un shuffle irrésistible au cours duquel ce dernier et Buddy rivalisent de brio. Tout au long d’une trilogie éthylique, Buddy et le Texan Doyle Bramhall II nous réservent des duels de grattes. Tout d’abord "Whiskey, beer & Wine", une plage tapissée par l’orgue Hammond de Reese Wynans. (NDR : cet ex-Double Trouble est également né au Texas). Puis "Crying out of one eye", un superbe blues cuivré par le Muscle Shoals Horns. Et enfin, "Thick like Mississippi Mud". L’adaptation du "You got what it takes" de Clyde Otis et Brook Benton me botte beaucoup moins. Malgré la présence de la chanteuse soul Joss Stone, le recours aux cordes synthétiques n’est pas vraiment judicieux. Un écart de conduire rapidement rectifié. Et dès "Turn me wild", une plage caractérisée par des tonalités de guitare traficotées. "Crazy world" est une ballade soul élaborée. "Smarter than I was" nous plonge dans l'atmosphère du Delta. Menaçante la guitare de Buddy est soutenue par la Resonator de Bob Britt (Delbert McClinton Band) et l’orgue Hammond de Kevin McKendree. Van Morrison chante le blues dépouillé et particulièrement mélodieux "Flesh & Bone". Sa voix est expressive. A travers l’envol opéré sur sa Stratocaster de 1957, Buddy rend hommage à son ami disparu, BB King. Et il en rend un autre ému à Muddy Waters, lors de la finale, "Come back Muddy", un morceau enrichi par la basse de Michael Rhodes et le piano de Reese Wynans, mais surtout alimenté par les cordes acoustiques de Guy et Bramhall. Un superbe album!

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Buddy Guy
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Silvertone / RCA / Sony Music
  • Date: 2015-07-31
  • Rating: 4
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