Originaire du Massachusetts, Bob Margolin est âgé de 66 balais. Ce guitariste s’est surtout illustré en militant au sein du Muddy Waters Band, entre 1973 et 1980. En 1978, un DJ de Boston lui attribue le sobriquet de Steady Rollin'. C’est l’époque à laquelle il monte son propre blues band en compagnie duquel il tourne inlassablement. Il grave alors deux albums sur le label du guitariste Tom Principato, Powerhouse. En 1993, il signe au sein de l’écurie chicagoan notoire, Alligator. Il y publie trois elpees. Il transite ensuite successivement par Telarc et Blind Pig, avant d’atterrir, en 2012, chez le distributeur Vizztone. Il y enregistre "Not alone", en compagnie de la chanteuse/pianiste Ann Rabson, puis "Blues around the world", soutenu par le Mike Sponza Band. Après avoir passé près de 50 années sur les routes, Margolin voulait concocter une œuvre vraiment personnelle. "My road" en est une parfaite illustration. Un disque découpé en douze plages, dont huit ont été écrites ou co-écrites en compagnie de Steady Rollin' et quatre reprises. Lors des sessions, Bob n’a invité qu’un nombre limité de musiciens. Il se réserve la gratte et les vocaux et bénéficie du concours du drummer/chanteur Chuck Cotton ainsi que de l’harmoniciste/gratteur Tad Walter. Et la production est signée Michael Freeman.
Dès l’ouverture, "My whole life", le ton est donné. Un blues primaire, volontairement dépouillé, dominé par la voix de Margolin, alors que la six cordes s’infiltre entre un harmonica particulièrement torride et la batterie. Une voix qui s’impose à nouveau tout au long de "More and more", pendant que les interventions fragiles et tourmentées de sa gratte communiquent un bel éventail d’émotions. Les percus de Chuck impriment le tempo d’"I shall prevail". Un dialogue s'établit entre le chant et les cordes, au coeur d’un climat qui baigne dans le Delta. Bob chante en solo le blues tendre "Goodnight". "Understanding heart" nous plonge au sein d’une atmosphère sombre, étrange, dérangeante. Le bottleneck inocule un feeling métallique aux cordes. Et l’harmo de Tad accentue cette impression ténébreuse. "Low life blues" est imprimé sur un tempo plus enlevé. Un Chicago blues classique écrit par le regretté Sean Costello. Lumineux, l’harmonica est hanté par le grand Little Walter. Tad Walters se réserve une superbe intervention avant que Margolin le relaie d’une sortie nerveuse aux cordes. Bob et Chuck chantent à capella la cover du "Bye bye baby" de Nappy Brown. Très différentes, les inflexions sont quasi doo-wop, et sont exclusivement soutenues par des claquements de doigts et une musique à bouche. Un exercice de style vocal qu’on retrouve sur l’indolent "Ask me no questions", un Mississippi Blues rudimentaire, mais chargé de passion. Une passion qui contamine le tout aussi primaire "Young and old blues", malgré son assise rythmique plus énergique. Walters joue sa partie de basse sur sa guitare. Steady Rollin' profite du contexte pour produire son meilleur solo. "Feelin' right tonight" opère un retour au Chicago blues traditionnel ; un titre issu de la plume du vocaliste de rockabilly, Tex Rubinowitz. La sortie à l’harmo est particulièrement inspirée alors que les cordes flairent l’odeur de la poudre. "Devil's daughter" (Trad : la fille du diable) est une fort belle composition. Les tonalités de gratte dispensées par Bob sont soignées et empreintes d’une grande sensibilité. En finale, "Heaven Mississippi" nous ramène au cœur du delta, là tout avait débuté, non loin de Clarksdale et de Rollin' Fork. Margolin y adresse de multiples clins d'œil aux légendaires Robert Johnson et Muddy Waters, partenaires d'une époque désormais lointaine. Un excellent album pour Bob Margolin!

Nederlands
Français 
