En 2008, Hokie Joint publie "The way it goes… sometime" sur le label hollandais Cool Buzz. Trois ans plus tard, le jeune groupe insulaire embraie par "The Music starts to play". Mais il splitte en 2013.
Trois membres du combo ont décidé de poursuivre l’aventure, sous un autre patronyme. En l’occurrence le chanteur Jojo Burgess, le guitariste Joel Fisk et le batteur Stephen Cutmore. Mais en y impliquant deux nouveaux musicos : le claviériste Warren Lynn et le bassiste Rob Barry. Lavendore Rogue signe neuf plages sur dix de ce "Light up with…"
Des accords ‘rollingstoniens’ familiers ouvrent "Dead man's chest". Très caractéristique, la voix de Burgess est écorchée. Le redoutable Joel Fisk s’autorise son premier envol, en manifestant énormément de panache, alors que l’orgue Hammond tapisse le décor sonore ; un orgue qui se révèle bien plus audacieux sur The maze", une compo, ma foi, fort originale. Jojo chante face au piano, l’indolent "Animal". Sa voix emprunte les inflexions de Bowie, alors qu’invitée pour la circonstance, Naomi Poole apporte une certaine solennité à l’ensemble, en se servant de son violoncelle, pendant que les cordes véhiculent des accents pop/rock. Tout aussi remarquable, la voix de Burgess illumine "Honey hunter", un morceau de prog/rock au cours duquel les cordes de Fisk montent autoritairement en puissance. Indolent, "Riot" baigne au sein d’un climat dramatique. La voix est grave, inquiétante, angoissée même. D’abord focalisé sur le piano électrique, Warren passe ensuite à l'orgue. Lavendore Rogue semble négliger la face blues/roots de Hokie Joint. Hanté par une slide, "Gangsters, thieves & vilains" constitue certainement l’exception qui confirme la règle. Dommage, car le band a suffisamment de maîtrise pour en explorer le genre. Empreinte de douceur, "A.S.A.D" est une plage balisée par les ivoires. Les vocalistes chantent le refrain de "Siesta Resistance" à tue-tête, un peu comme pour créer une transe, une piste bien plus nerveuse qui permet à la guitare de Joel d’être propulsée vers les sommets. Caractérisé par son riff ‘stonien’, "Tatoo" est à la fois accrocheur et entraînant. Excellent ! "Play it all night long" clôt l’elpee ; un morceau signé Warren Zevon. L’orgue amorce la plage. Avant d’opérer de superbes échanges avec la gratte. La voix de Burgess demeure cependant souveraine, tout au long de ce morceau au refrain captivant. Il serait sans doute intéressant de découvrir ce Lavendore Rogue en ‘live’ ; à mon humble avis, sa démarche doit se révéler bien plus roots…

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