Guitariste et compositeur, Gonzalo Bergara est originaire de Buenos Aires. Mais cet Argentin s’est établi à Los Angeles depuis l’an 2000. En général, il est à la tête de son GB Quartet, une formation spécialisée dans le jazz manouche des années 30, un style magnifié par le mythique Django Reinhardt. Au sein de ce quatuor, il est soutenu par un guitariste rythmique, un bassiste et un violoniste. Il s’était illustré en publiant l’album "Portena Soledad", en 2007, et "Djangophonic", en 2009. Sur son nouvel elpee, "Zalo’s Blues", Gonzalo se consacre à la guitare et au chant.
Les notes ont été réalisées par le célèbre Little Charlie Baty, l’ancien leader des Nightcats. Charlie et Zalo s’étaient rencontrés dans un club. Gonzalo lui avait refilé une démo sur laquelle figurait une adaptation d’un titre de Baty, "Percolatin’" ; et la version était tellement originale qu’il l’a rebaptisée "Woosh". Bien que datant de 2003, elle figure sur cet LP ! L’intro est lente. De murmure, la voix passe au chant –et il est remarquable– tout au long de ce blues somptueux. La guitare se libère voluptueusement de la section rythmique bien soudée. Tous les autres titres ont été enregistrés à Buenos Aires, en 2015. Plusieurs sessions ont été nécessaires, impliquant le bassiste Mariano D’Andrea et son frangin, Maximilio Bergara, à la batterie.
L’opus s’ouvre par l’instrumental "Drawback", une superbe plage imprimée sur un tempo enlevé et trempée dans du pur swing jazz. Le chant affiche une belle dose de panache, tout au long du rock’n’roll fougueux "Drinking". Impatiente et enthousiaste, la guitare décolle rapidement. Indolente, "Singing my song" est une piste caractérisée par son entrée solennelle. Expressive, la voix se détache bien de l’ensemble. Le solo est à la fois créatif et chargé de feeling. Une seule véritable reprise, "You don’t have to go", un canon du célèbre Jimmy Reed. Elle date de 1955, et son adaptation respecte le rythme très spécifique du mythique bluesman chicagoan. Quelques instrumentaux. Tout d’abord deux pistes funky. "Dirty socks" et "Levi". La première emprunte des tonalités à Stevie Ray Vaughan et Jeff Beck. La seconde lorgne davantage vers le rockin’blues. "Been runnnin’", ensuite. Classieux, il conjugue jazz et swing. Profitant de l’excellent socle construit par D’Andréa à la basse, Bergara est alors ici tellement proche du maître Clarence Gatemouth Brown. Et enfin "Ines" une tendre ballade à la beauté immaculée. "Gonna go" adopte le rythme saccadé du chemin de fer. Joué en picking, il concède des accents country. Bien soutenu par la section rythmique, "No more" et un blues/rock classique, impeccablement ficelé. Zalo en profite pour y libérer ses cordes avec une facilité déconcertante. Et le long playing de s’achever par "Won’t stay with you", une compo acoustique, empreinte de sérénité…

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