« Rough dried » constitue le premier opus live de Charlie depuis 23 ans. Sous-titré “Live at the Triple Door”, il a été immortalisé à Seattle. Le 20 mai 2007. Pour la circonstance, il est soutenu par le band qui l’accompagne depuis plusieurs années ; en l’occurrence le Norvégien Kid Andersen à la guitare, Randy Bermudes à la basse et June Core à la batterie. Le disque a été produit par Henri Musselwhite. En réalité la mise en forme a été réalisée par Henrietta. C'est-à-dire sa femme et son manager. D’ailleurs l’elpee est paru chez Henrietta Records. Pas besoin de vous faire un dessin.
C’est une surprise, aucun morceau de ses deux derniers albums studio, "Delta hardware" et "Sanctuary", ne figure sur ce « Rough dried ». L'oncle Charlie entre immédiatement dans le vif du sujet en attaquant "River hip mama", un solide boogie issu de "Ace of harps", un disque édité chez Alligator, en 1990. Charlie est comme un poisson dans l’eau au sein de cette solution sonore excitante et propice à la danse. L’harmonica se fond parfaitement dans l’ensemble. Le band embraie par "If I should have bad luck", un bon shuffle inspiré des meilleurs moments du Chicago blues. Il est vrai que lorsque Charlie a quitté Memphis, au début des 60s, il a émigré vers la Cité des vents. Kid Andersen se révèle très efficace et respectueux lors de sa première sortie. Notre vétéran est très convaincant lors de son adaptation de "Strange land", un de ses classiques fixé sur son tout premier elpee "Stand back!". C’était en 1967 ! Andersen nous restitue le jeu débridé, audacieux, à l'aube du psychédélisme, de l'époque. Il est vrai qu'alors, c'était Harvey Mandel qui tenait les cordes. Musselwhite est en forme. Il se libère, souffle comme il est le seul à pouvoir le faire sur le titre maître. Ce n'est pas un grand chanteur, mais il vit sa musique. La pureté du style de Musselwhite illumine "Blues overtook me". Une confession ! C’est le moment choisi par le Kid pour se déchaîner sur ses cordes. Charlie parle à son public. De son intérêt pour le blues pratiqué au Brésil. Pas étonnant que les rythmes de la samba croisent donc son blues sur "Feel it in your heart" (NDR : issu de "Rough news"). Insatiable, Charlie chante le blues comme dans ses jeunes années. Plus de 30 ans qu'il joue ce "Wild wild woman", une compo issue de la plume du mandoliniste Johnny Young. "She may be your woman" campe enfin le blues lent de circonstance. C’est également un extrait de "Ace of harps". Il dialogue avec son instrument, le fait vivre, vibrer, pleurer, jouir! "Long lean lanky mama" ne figure apparemment sur aucun de ses albums. Le tempo est assez élevé. L’harmonica gouailleur et assez excitant! Andersen en profite pour faire monter l’ambiance de quelques degrés. Son solo monte progressivement en puissance. Il aligne ses notes en continu. "Movin' and groovin'" nous dévoile une face plus swing de Musselwhite. Les phrases dispensées par le Kid adoptent des tonalités fort jazz! Colorée de West Coast jump, cette plage est très chaleureuse. "Droop down baby" est imprimé sur un mid tempo dynamique. Je ne la connaissais pas. C'est du Musselwhite 100% garanti. La basse autoritaire de Randy Bermudes propulse ses collègues sur les rails. June Core sort aussi de sa réserve. On nage dans le R&B. Brillant, Charlie rend hommage à ces fameuses "Big legged women". Et de rappliquer en rappel pour concéder son hymne instrumental immortel : "Cristo Redentor". Il doit même être incapable de déterminer combien de fois il a pu l’interpréter au cours de sa longue carrière. Un excellent album ! Si vous souhaitez commander ce disque, il vous suffit de vous rendre sur le site web de l'artiste ; en outre, vous recevrez un exemplaire signé de la main de l’artiste… Dépêchez-vous, l’offre est limitée…

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