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Lowdown feelin'

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Lorsque le chanteur/harmoniciste californien Randy Chortkoff a créé le label Delta Groove, il avait plus d'une idée derrière la tête. Au départ, il avait monté ce collectif de musiciens en le destinant aux studios. Mais un peu plus tard, cet ensemble va prendre la route. C'est ainsi que sont nés les Mannish Boys, le band le plus fidèle du catalogue de Delta Groove, un label en plein essor. Ce nouvel opus constitue déjà le quatrième. Il fait suite à "That represent man", paru en 2004, "Live & In demand", en 2005 et "Big plans", en 2007. Le band a cumulé les nominations aux Awards, au cours des dernières années.

Les Boys réunissent des musiciens d’horizons divers. Mais la plupart sont établis à Los Angeles. En outre, chaque fois qu’ils enregistrent, ils reçoivent le concours d’invités de marque. Au sein du line up de base figurent au moins cinq chanteurs, trois guitaristes talentueux (Kid Ramos, Kirk Fletcher et Franck Goldwasser), le drummer Richard Innes ainsi que Ronnie James Weber ou Tom Leavey à la basse. Sans oublier Fred Kaplan préposé aux claviers sur la quasi-totalité des plages!

Chortkoff a déniché un excellent chanteur. Un Chicagolais qui shoutait déjà le blues dans la Cité des Vents au cœur des années cinquante : Bobby Jones. La guitare hispanisante  de Kid Ramos et la trompette de Scott Steen ouvrent "These kind of blues", une plage subtilement R&B, cuivrée, caractérisé par un appétissant solo d'harmonica accordé par Randy! Bobby Jones possède une voix taillée pour le blues, assez proche de celle de Howlin' Wolf, même si elle recèle moins de gravité et de profondeur ; cependant susceptible de libérer un maximum d’expression elle parvient à se détacher de la slide gouailleuse de Franck Goldwasser. Et en particulier sur "Searchin' blues", une compo dynamisée par le tempo incisif  de ‘Big Foot’ Innes, calé derrière ses fûts. Le titre maître est un premier sommet de l’elpee. Introduit par Ramos dans le plus pur style de T-Bone Walker, cuivres et piano y compris, il ouvre une voie royale au timbre exquis de Finis Tasby. "Chocolate drop" est un autre moment exceptionnel. Un morceau peu connu du répertoire de Howlin' Wolf. Jones est largement inspiré par le géant disparu. Invité ‘de luxe’, Junior Watson marque cette cover de son empreinte. Les excellents titres foisonnent. Tasby chante "If the washing don't get you, the rinsing will". Il conjugue talent et frénésie dans la voix. Désopilant, Kirk "Eli" Fletcher pince ses cordes pour concocter un solo monstrueux, dans l’esprit d’Albert King. Il est vrai que le King incluait cette composition de Homer Banks à son répertoire! Finis prête encore sa voix à une amusante rumba. Intitulée "Something's wrong", elle met en exergue un séduisant Ramos. Johnny Dyer interprète également le "The same thing" de Willie Dixon d’un timbre indolent, proche son vieil ami Muddy Waters. Il est talonné par la slide de Goldwasser. Al Blake injecte une fameuse dose de feeling à travers son harmo sur "Good times". Jr Watson se montre volontairement parcimonieux aux cordes. Parmi les surprises, on relèvera deux versions réservées par Chortkoff à deux compositions de Willy ‘The Kid’ Emerson. Tout d’abord "The woodchuck", un boogie nerveux, pour lequel il est épaulé par Paris Slim, Lynwood Slim ainsi que Ronnie Weber, dont la basse ronronne ici littéralement. Et puis "Figure head", un fragment envahi par la puissance vocale naturelle de Bobby Jones, et balayé par les cordes de Ramos ainsi que l'orgue Hammond B3 de Kaplan. Autre surprise, la présence sur deux compos du chanteur/harmoniciste Little Sammy Davis. Etabli aujourd'hui dans l'état de New York, il pratique le blues depuis plus d'un demi-siècle en compagnie d’Earl Hooker. Il se réserve ici "Fine lookin' woman", un Chicago shuffle torride. Son gratteur Fred Schribner est à la slide. Fred Kaplan tapote ses ivoires. Et puis "When I leave", un majestueux soul blues qu’il interprète d’une voix chargée d’une passion intérieure intense. Une seule plage instrumentale : un étonnant "You don't love me". Impérial, Fletcher retrace les riffs de Freddie King. Et on ne peut que remercier Randy Chortkoff pour nous avoir signé "Rude groove", une excellente composition qui évolue quelque part à mi-chemin entre le "Help me" de Rice Miller et le "Green onions" de Booker T. Près de 8' de bonheur intense ! Randy est aux vocaux. Il ne peut contenir sa joie. Goldwasser et Ramos s’autorisent de puissantes sorties aux cordes. Et Kaplan à l'orgue ne se fait pas prier pour leur emboîter le pas. Ne trahissant aucun point faible, ce "Lowdown feelin'" est déjà un des meilleurs albums de blues pour l'année 2008 !

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Mannish Boys
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Delta Groove / Coast to Coast
  • Date: 2008-06-03
  • Rating: 5
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