Blues Lee est une formation belge. Limbourgeoise très exactement. Elle est née en 1995. Deux ans plus tard, elle était déjà invitée au Belgium R&B Festival de Peer. Depuis, elle s’est produite sur de nombreuses scènes européennes et même en Afrique du Sud ainsi qu’aux Caraïbes. Elle a commis son premier elpee en 1999 : "Fame's got a name". Un live ! Il sera suivi de "Bubba" en 2001 et "In the crack of the map" en 2004. Le line up réunit cinq musiciens : Bies Biesmans, alias JB, au chant, à l’harmonica et aux saxophones, Karel Phlix aux guitares, Jan Corthouts à la six cordes rythmique, Jan Ieven (ex El Fish) à la basse, au tuba et aux percussions ainsi qu’Yves Bosmans aux drums.
Bies, Karel et Jan se partagent l'écriture des douze plages de ce nouvel opus. La guitare de Karel ouvre le feu pour introduire "Honey please don't", une compo imprimée sur un tempo assez soutenu. JB chante et alterne ses interventions entre l'harmonica et le saxophone. Les arrangements sont bien travaillés. Les lignes de basse sont apportées par le tuba. Investie par les percus, l'atmosphère est très louisianaise. Largement amplifiée, la guitare continue de diriger les débats tout au long du plus funky "Liar". Les vocaux sont impeccables. Karel, Jan et Yves apportent leur concours aux chœurs. JB excelle au saxophone ténor pendant que la basse de Ieven virevolte sur une toile de fond sonore à la fois dense et remarquable. "For a ride" change une nouvelle fois de registre. Une ballade jazzy bien ciselée. A cet instant, nous ne sommes plus très loin de l’univers d’un Steely Dan. La voix de Bies domine magistralement les arrangements ambitieux où tous les instruments trouvent leur place. Tout en finesse, le solo jazz de Karel Phlix fait merveille face à la sonorité étrange, désuète du violon de Niels de Caster. Au sein de ce décor, on distingue bien les deux saxophones : celui de JB et puis d’un invité, l'ami Gert Servaes (Big Mama's Kitchen, Dizzy Dimples). Amusant et dansant, presque cow-boy dans la démarche, "Hillbilly Joe" constitue un interlude country. Nils de Caster s’y éclate entre violon, lap steel et mandoline. Blues rock primaire, "Lazy ways" campe un shuffle à la texane. La démarche est très simple. L'impact direct. Soutenu par une section rythmique solide comme du béton, JB souffle dans les aigus comme un Jimmy Reed inspiré. La voix de Bies est susceptible de changer de registre. A l’instar de "Peaceful soul", une parenthèse roots insérée au sein de cet opus assez électrique. La guitare acoustique de Jan se frotte pour la circonstance à l'harmonica. Blue Lee emprunte alors des routes bien étranges, poussiéreuses… Karel fait glisser son bottleneck sur la guitare Resonator. Il trace ce chemin tant redouté : "Destination Hell". La rythmique s'alourdit. Les musiciens ne doivent-ils pas croiser la route du diable en personne? L'ensemble s'emballe. L'harmonica pousse des cris d'effroi. Le démon doit leur avoir insufflé une sacrée dose d'énergie pour exécuter un rock'n'roll boogie échevelé de la trempe de "Nicole". Tous les musiciens poussent Karel, leur soliste, à l'avant-plan, tandis qu’un autre invité, Patrick Cuyvers (Hideaway), malmène son piano. Compo originale, "Seven days" ne maque pas d’intérêt. Biesmans chante autoritairement cette excellente plage couverte d’accents menaçants. Ce southern rock rocailleux se mue cependant en western, lorsque les cordes réverbérées et le sax soprano se mettent à disserter face à une machine rythmique surprenante, de laquelle émerge la basse fantomatique de Ieven. Cette flambée de fièvre s’achève par un délire instrumental intégral. Blues Lee concède "Shovin'", un excellent instrumental très jump et swing. Au cours de cette plage les différents instrumentistes rivalisent de virtuosité. Le titre maître est très complexe. Il s’ouvre tout d’abord dans le rap. Et face aux percussions syncopées d'Yves, l'orgue Hammond de Cuyvers épouse un profil très funk. La production de Ieven est ici encore mise en évidence. Divertissant mais discutable, "Blind bold & barefooted" achève cet opus qui a le défaut de ses qualités : il fourmille probablement de (trop) nombreuses idées.

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