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Cette formation a été fondée en 2001 par Véronique Sauriat, une chanteuse qui a longtemps sévi au sein du Difference Gospel Choir. Elle a ainsi partagé les planches avec le Golden Gate Quartet et Carole Fredericks. A l’instar de la plupart des autres vocalistes contemporaines, elle cite volontiers Big Mama Thornton, Sister Rosetta Tharpe, Aretha Franklin et Etta James comme influences majeures. Pour interpréter son blues teinté de jazz, de soul et de R&B, elle s’est entourée de musiciens talentueux et compétents. Et en particulier les Tortilleurs de Benoit Blue Boy, le guitariste Stan Noubard Pacha et le bassiste Thibaut Chopin, considérés -au cours de ces dernières années - comme les meilleurs instrumentistes français. Cependant, il y a quelques mois, le dernier Tortilleur (NDR : en l’occurrence le batteur Fabrice Millerioux) a été remplacé par Simon Boyer. Sans oublier un des trésors cachés de la scène hexagonale : le jeune pianiste Julien Brunetaud. Vu le cv de ces musiciens, il n'est guère difficile d’imaginer cette équipe s’attaquer aux exercices de style les plus délicats. Mama's Biscuits avait déjà commis "Strange things are happening" en 2003.

L’opus s’ouvre par le "Can't no grave hold my body down" de Rosetta Sharpe. Et c’est une excellente idée ! La voix sensuelle mène le débat sur un rythme qui emprunte au blues, au jazz et au gospel ; un aperçu de ce qui nous attend par la suite. "Good rocking daddy" ajoute un soupçon de jump à son swing. La section rythmique est veloutée. Le saxophoniste Ruud De Vries est venu prêter main forte à l’ensemble. "Let me down easy" baigne au sein d’un climat intimiste. La voix de Vero affiche bien l'étendue de son registre. Elle est également capable d’y accumuler une grande sensibilité, avant de la déverser lorsqu’elle déborde, face à ses accompagnateurs qui manifestent une grande modération, tout en demeurant sûrs d'eux-mêmes. Le titre maître est une synthèse de ce qui se fait de mieux dans le blues. Nous sommes alors quelque part entre les scènes de Chicago, de Memphis et de Kansas City. Pacha dispense de petites grappes de notes inspirées par BB King pour introduire "Hello baby". Il est rapidement rejoint par les ivoires de Brunetaud. On se croirait presque au sein d’un juke joint bien enfumé des années 50s. Le timbre de Véronique peut se révéler plus agressif. A l’instar de « Hello baby », un délicat slow blues issu de la plume du regretté Texan Jimmy Hughes. Un moment très fort de l'elpee ! La chanteuse puise alors dans son passé de choriste de gospel pour reprendre le "Something's got a hold on me" d'Etta James. La cover du "Because it's love" de Slim Harpo est un autre grand moment. L’émotion est à son comble lorsque les Biscuits virent vers Baton Rouge. Thibaut Chopin souffle dans l'harmonica devant une section rythmique bien homogène. Seul le piano vivace de Julien parvient à s’y extraire. L'inspiration s'évade une nouvelle fois pour embrasser les rythmes syncopés et exotiques des Caraïbes tout au long d’"Ocean of tears". La pause est de courte durée, car nous repartons du côté des swamps lors de l’indolent "Shake a hand" de Joe Morris. Miss Sauriat vit passionnément cette plage. Pacha est bien dans son élément au cœur de cette Louisiane qui a toujours inspiré Benoit Blue Boy! Une grande complicité lie Chopin et sa patronne lorsqu’ils chantent "I wanna know" de Sugar Pie Desanto, une plage ensoleillée, illuminée par le jeu de Julien. Les solistes sont une nouvelle fois en verve pour interpréter "I don't believe". Stan se fait et nous fait plaisir lors de ce bon Chicago shuffle. L'œuvre ne souffre d’aucune faiblesse. Sémillant, le "Please Mr Jailer" de Wynonie Carr constitue le blues fin de soirée. D’un timbre félin et suave, Véronique susurre les lyrics de "Cold cold feeling". Elle est pourtant face au public. Pacha semble inspiré par le grand T-Bone. De connivence, le piano prend progressivement l’ascendant. Le tempo accélère et se métamorphose en boogie rock léger pour exécuter le "I want to do more", écrit par la paire Leiber/Stoller. Thibaut et Véro se partagent "If Ican't have you", la finale de cet excellent opus. Si vous appréciez ce style musical, je vous invite à découvrir la formation de Julien Brunetaud : le JB Boogie ; et en particulier l'album "Cocktail Bues and Boogie". On y retrouve Thierry Chopin, mais également le guitariste Anthony Stelmaszack.

Informations supplémentaires

  • Band Name: Mama´s Biscuit
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Autoproduction
  • Date: 2006-03-07
  • Rating: 0
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