Etabli à Richmond, en Virginie, le Phifer Marshall Band est né en 2001. Un quatuor qui implique la chanteuse/guitariste/harmoniciste Miss Mattie Phifer, le guitariste Rick Marshall, le bassiste Greg Willard et le drummer Dave McNeed. L’an dernier, il a remporté le concours blues organisé par la River City Blues Society de Richmond. Ce qui lui a permis, au cours de ce mois de février, de participer au Memphis International Blues Challenge… qu’il n’a pas enlevé. Le PMB avait déjà commis une démo 5 titres : "In your face goodtime blues".
"Powerhouse blues" constitue donc son premier album officiel. Paradoxalement, cette jeune formation est conduite par des vétérans : Mattie (NDR : qui reconnaît comme influence majeure Big Mama Thornton) se produit sur scène depuis 1967 et Rick depuis 1965! L'opus est découpé en huit morceaux originaux. Dans un style manifestement taillé dans le blues rock ou le rockin' blues. Un style plutôt mélodique, bien électrique, sans jamais tomber dans le hard ou le métal.
Mattie ouvre en rythmique "Don't do that no mo". Rick distille quelques notes d'introduction avant que Miss Mattie n’intervienne au chant. Son timbre est direct. Elle racle le fond de sa gorge pour en sortir tout ce qu'elle possède dans le ventre. Le tempo est assez vif, dynamique, très cadencé. Ce petit bout de femme sort alors un harmonica de sa poche et se met à vider ses poumons. Primaires mais efficaces, les riffs qui ouvrent "Please call daddy" sont saturés d'électricité. La section rythmique impose un tempo assez lourd. Elle soutient le soliste qui peut alors sortir de sa réserve, sans fioriture ; mais Marshall s’en tire plutôt bien. Mattie chante énergiquement et autoritairement tout en soupirant une nouvelle fois, avec acharnement, dans sa musique à bouche. "Mill Hill midge" manifeste davantage de légèreté et de souplesse. Le calme vocal règne. Rick joue dans un style pondéré. Sa voix ne passe pas trop mal la rampe. D’un timbre un tantinet nasillard, il interprète très facilement "You don't know what I want" et "All alone" ; mais lors de ce dernier fragment, en injectant une certaine tension dans l'accompagnement. Le climat s’élève jusqu'à la libération des cordes. L’exercice de style est très rock mais bien ficelé. Nous ne sommes ici pas très loin d’un Wishbone Ash! Cette sonorité imaginée par guitariste anglais Andy Powell introduit l’excellent "I got it bad". L'intensité monte. L'environnement se fait dramatique. La voix dévastée de Mattie est balayée de ces cordes insatiables. L'effet est très réussi. Rick a trouvé la bonne formule. Il s'évade à tout instant, ne laissant aucun répit à sa vocaliste. Tous les musiciens sont chauffés à blanc. Plus rien ne peut les retenir pour attaquer le nerveux "Sold my soul". Marshall écrase ses pédales de tout son poids afin d’en extraire une solution sonore torturée. L'album s’achève en douceur par "After the party", une plage caractérisée par un nouveau solo rock tailladé au rasoir, histoire de nous pousser vers la porte de sortie…

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