Pat compte aujourd’hui 52 balais à son passif. Très jeune, ce Canadien s’est passionné pour les six cordes à l'écoute des dieux de la fin des 60s : Hendrix, Clapton, Beck et Page. Il n’entamera véritablement sa carrière qu’après s’être fixé à Londres, au beau milieu des 70s. Et il commet effectivement un premier elpee éponyme chez Polydor, en 1976. Il embraie ensuite par "Makin' magic" et "Putting it straight", avant de retourner aux States. Il y a donc vingt ans qu’il soigne sa réputation de hard blues rocker. En 93, il signe chez Blues Bureau, le label de Mike Varney, pour lequel il concoctera toute une série d'albums. Flanqué du vétéran Aynsley Dunbar à la batterie et de Gunther Nezhoda à la basse, il avait enregistré l’album « Power trio » en 2003. Une formule de trio qu’il reconduit pour ce deuxième volume ; mais pour la circonstance, il a reçu la collaboration de Steve Evans (qui a joué en compagnie de Coco Montoya et de Roy Rogers) à la basse et de Jeff Martin aux drums. En outre, il a de nouveau consacré ce disque à des reprises d’hymnes issus de la période glorieuse du hard rock des 70s.
Pat ouvre les hostilités par le saignant "You are the music". Si je ne m'abuse, cette compo était chanté par Glenn Hughes, à l'époque où il militait dans Trapeze. Il revient davantage vers le blues lors du "I'm yours, she's mine" de Johnny Winter. Il y vocifère à la manière de l'albinos texan. Il demeure au coeur du vivier du rockin' blues, en nous assénant un puissant "Stone cold fever". Les riffs sont impitoyables, mais sa voix n'a pas le vécu de Steve Marriott qui chantait cette excellente plage au sein d’Humble Pie! A l’instar d’une myriade d'autres guitaristes avant lui, Pat se met alors à délirer sur l'éternel "Rock me baby" de BB King. Il l’interprète à la manière de Robin Trower en arrachant une véritable orgie de notes de ses cordes gargantuesques. Le "Green eyed lady" de Sugerloaf marque un retour au hard classique. Drivée par le guitariste Bob Yeazel et le claviériste Jerry Corbetta, cette formation américaine avait décroché ce hit, il y a plus de 30ans. Les adaptations du "Black night" de Deep Purple et d’"Aimless lady" de Grand Funk Railroad sont un peu trop conventionnelles, à mon goût. C’est d’ailleurs souvent le reproche que l’on peut adresser à Pat. Et c’est toujours dans cet esprit qu’il reproduit, telle une copie conforme le "Swlabr" du Cream, un joyau écrit par Jack Bruce et Pete Brown. "Red skies" était une composition rock de bonne facture que Tommy Bolin avait immortalisée chez le James Gang. Cette nouvelle version empreinte de douceur apparaît comme un gentil interlude dans cet opus du Power Trio. L'album s’achève par quatre autres plages célèbres : "Ready for love" (Mott the Hoople, Bad Company), Rock the nation" (Montrose), "How many more times" (Led Zeppelin) et "Keep yourself alive" (Queen). Un album que je ne conseillerai qu’aux nostalgiques d’un certain passé…

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