Mitch est issu de Brooklyn, un quartier populaire de New York. En 1971, il s'installe du côté de San Francisco où il fonde son Red Hot Mama Band. En fait, il s’est inspiré du surnom de sa copine et chanteuse, Susan Savoy. Après avoir opéré un périple à Hawaï, il fonde les Rocket 88's en compagnie des membres du groupe de David Bromberg. Mitch a enregistré cinq albums pour le label Blind Pig : "Steady date" en 1984, "Mr Boogie is back in town" en 88 (NDR : pour lequel il a reçu le concours de l'excellent guitariste Danny Caron), "Solid gold Cadillac" en 91 (NDR : Charlie Musselwhite, Ronnie Earl et des membres de Roomful of Blues sont de la partie), "Shakin the shack" en 91 et "Jump for joy" en 2001. Mitch a également concocté un elpee solo : "Keeper of the flame". En 1996. Un hommage aux bluesmen qui l'ont le plus marqué. Mitch Woods est un artiste qui s’est toujours évertué à perpétuer l'héritage culturel d'une musique américaine née il y a des décennies. Un style appelé boogie woogie ou jump blues, dont l’apogée a été célébrée, fin des années 40, par les ensembles de Louis Jordan, Joe Liggins et Louis Prima.
Mitch vit sa musique. Une bête de scène qui donne tout ce qu’il a dans le ventre sur les planches. "Big easy boogie" est partagé entre un CD audio et un DVD live, immortalisé à New Orleans. Pour la circonstance, il est entouré de collaborateurs de couleur noire, parmi lesquels figurent de nombreux musiciens de Fats Domino (NDR : il fête ses 78 ans cette année !) ; et en particulier le batteur Earl Palmer, le bassiste Ervin Charles Jr et le saxophoniste ténor Herb Hardesty.
L'album studio a été enregistré au studio Boiler Room de New Orleans. En novembre 2000. Sous la houlette du légendaire Dave Bartholomew. "Big easy boogie" donne immédiatement le ton. Nous opérons un retour dans le passé de plus d'un demi-siècle. Le boogie est au menu. Toute la scène est occupée par un front de cuivres impressionnant : quatre saxophones et une trompette. Bien entendu, le piano de Mitch Woods est omniprésent. Il est incontestablement le roi de la scène. "Thought I heard Satchmo say" met en exergue la trompette du redoutable Dave Bortholomew. Le climat exotique peut surprendre ; mais ne sommes-nous pas dans la cité du Mardi gras ? Une ville qui a toujours eu le cœur à la fête! "Fallin' for you" est une ballade indolente, comme les aimait Fats Domino. Mitch chante passionnément, la main gauche sur le cœur pendant que la droite parcourt les ivoires. La guitare de Jimmy Molière est bien mise en évidence. Tout en rythme elle colore cette jolie mélodie empreinte de simplicité. Superbe ! Imprimé sur un tempo entraînant et face aux chœurs féminins chaleureux de Charmaine Neville et Maria Muldaur, "Counting the days" baigne encore dans la même ambiance néo-orléanaise. Les musiciens s'enfoncent davantage au sein du quartier français. Dans la Bourbon Street ! Caractérisé par les congos irrésistibles d'Alfred Roberts, un joyeux "Mojo Mambo" nous invite à faire la fête. Mr Woods se lance dans son exercice de style préféré : le boogie woogie instrumental. Tout au long de ce "Crescent city flyer", le piano est absolument superbe. Earl Palmer marque autoritairement le tempo. Les cuivres entrent dans la danse! "Heart and soul to you" est une tendre ballade abordée dans l’esprit de Domino. Le sax ténor de Hardesty se détache du front de cuivres. "Shout, sweet and tender" carbure au pur rock'n'roll. Un fragment vivace, efficace, enfiévré. Impossible de tenir en place. La rythmique de Molière est placée en avant. Les cuivres se conjuguent à l'unisson. "Back in my arms again" épouse un tempo plus modéré ; un rock'n'roll moins débridé mais légèrement parfumé d’exotisme. "I left my baby at the Mardi gras cryin" rend hommage de la plus belle manière la musique de New Orleans. Celle de Professor Longhair, Allen Toussaint, James Booker,… Les rythmes syncopés invitent à se trémousser. Pour la circonstance, il se réserve un solo sémillant. En fin de parcours la reprise du "I'm ready" de Fats Domino est un réel plaisir pour les oreilles. L'album s’achève par la ballade lente "The ballad of Dr Daddy-O". John Mooney se consacre à la six cordes. La voix de Tex Stephens, disc jockey légendaire de la Crescent City, est bien présente. L'album honore la mémoire d'Ervin Charles Jr, décédé en février 2003, quelque temps après ces enregistrements.
Mais la fête n'est pas terminée et se prolonge même lors de la lecture d’un DVD d’une durée de près de 2h15'. Il recèle quelques plages de cet album enregistrées live au New Orleans Jazz & Heritage Festival. En 2002. On y retrouve pratiquement les mêmes musiciens. La plaque inclut également quelques prises studio opérées, sous la direction de Dave Bartholomew, lors de l'enregistrement de l'elpee. Sans oublier des interviews accordées par Earl Palmer, Herb Hardesty, Mitch Woods et Cosimo Matassa (NDR : le propriétaire des studios J&M au sein desquels ont enregistré Little Richard, Fats Domino, Ray Charles et bien d'autres) ainsi que des extras bibliographiques et discographiques.

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