Michael Heyman est originaire du Texas. De Galveston très exactement. Il a passé la majorité de sa vie à Houston. Il est né dans un milieu musical au sien duquel il apprend d'abord le violon. Très vite, il s’intéresse au rock'n'roll ; et en particulier à Elvis Presley, Buddy Holly et les Rolling Stones. Mais c'est en découvrant l’elpee "Fresh Cream" d’Eric Clapton qu’il détermine son orientation. Il se met à écouter de plus en plus le blues ; et principalement BB et Freddie King, T Bone Walker, Buddy Guy et puis surtout ses maîtres anglais, Eric Clapton et Mick Taylor. Fin des 70s, il monte Blues Union, en compagnie de son ami bassiste Calvin Hall. La formation commet un album chez Lunar. Dès 1983, il se forge une réputation dans les milieux rock et blues locaux à travers son trio. A cette époque, il a l’opportunité de côtoyer Joe ‘Guitar’ Hughes ainsi que deux anciens Small Faces : Ronnie Lane et Ian McLagan. Il participe ensuite à l’aventure d’un groupe de blues rock dynamique : Nick Young and the Powerhouse. Il se produit également en Europe ; mais lorsqu’il revient aux States (NDR : en 88 !), c’est pour entamer des études de droit. Il abandonne alors la musique pour travailler dans une étude à Nashville. En 2003, il revient chez lui au Texas et reprend ses activités musicales. Il se met à composer et décide d'entrer en studio pour enregistrer ce premier album! Un disque pour lequel il bénéficie du concours de Michael Stone aux claviers, Roger Tausz aux drums et Bob Armour à la basse.
Aucun doute n’est permis, les premières notes de "Set me free" sont clairement empruntées au Cream ; et en particulier à "White room". Proche d'Eric Clapton, le style Heyman est clairement affiché : un blues rock sans la moindre aspérité quoique un tantinet aventureux dans la sonorité des cordes. En toile de fond, on distingue les répliques vocales de la reine du soul à Houston : Miss Trudy Lynn. "Everyday I cry for you" lorgne de nouveau vers Clapton, mais de l’époque Derek & the Dominoes, lorsqu’Eric s'attaquait à "Everyday I have the blues". Tout en velours, son jeu manifeste une bonne dose d'assurance et de conviction. Heyman se révèle bon guitariste. Sa voix est certes limitée, mais il l'utilise à bon escient. Dès qu’il en a l’occasion, il libère ses cordes. Elles demeurent cependant toujours très mélodiques, dénuée de la moindre agressivité. Elles coulent naturellement de son manche. Il parvient même à changer de tempo avec un certain swing. La section rythmique est discrète. Seul le piano montre le bout du nez. L'homme est habile dans le domaine du blues. Il le démontre tout au long de "When it came to loving you", un slow blues sans surprise mais très bien ficelé. Toujours discrète, la guitare conjugue énormément de feeling et d'adresse. Michael passe à la slide, marque le tempo et s'embarque dans "Love against the wall". Le rythme est plus ‘stonien’. Trudy Lynn et Tommy Lee Bradley participent aux chœurs. Lors du rock'n'roll "Loving you a long time", Stone se libère au piano et Michael se révèle très adroit, proche du style musical très coulé que Mick Taylor cultivait chez les Rolling Stones. "Please let me love you again" est un blues lent somptueux. Heyman joue comme le jeune Clapton le faisait du temps des Bluesbreakers de John Mayall ; mais j'y trouve également l’empreinte d’un musicien de la même époque : Peter Green. A cause de la réverbération qu'il injecte à sa Gibson Les Paul. Sans doute conforté par la présence de Trudy Lynn, il chante avec plus d'assurance tout au long de cette plage qui peut être considérée comme la meilleure de l’opus. On y ressent même une réelle intensité dramatique dans le jeu! Toujours adepte du Clapton des débuts, il s’attaque brillamment à l’instrumental notoire "Steppin out". Et puis à un autre slow blues : le "Three hours past midnight" de Johnny "Guitar" Watson. La guitare voyage sur un fond d'orgue Hammond B3. L’adaptation est superbe ! Un must pour les amateurs de bon british blues. Il joue ici avec aisance comme Mick Taylor dans ses meilleures années ou Buddy Guy quand il ne veut pas trop en faire. Un régal! Les amateurs de blues électrique adoreront cet album. "If you see my baby" constitue la plage la plus explosive de cet elpee. Nous la devons à la prestation d’un excellent harmoniciste local qui fait tout doucement son chemin : Sonny Boy Terry (NDR : il est responsable de deux albums chez Doc Blues Records). Cette plaque s’achève par un duo accompli entre Heyman et Stone aux claviers lors de la cover du "My sweet little honey dripper" de Jimmy T-99 Nelson ; un version qui rappelle certains échanges opérés jadis entre Clapton et Mayall.