Avant d’opter pour le patronyme Phantom Buffalo, cette formation de Portland (NDR : dans le Maine !) avait choisi celui des Ponys. Commettant même un premier elpee. Pas une très bonne idée, puisqu’il existait déjà un groupe qui répondait à ce nom. D’autant plus que le détenteur de l’appellation leur a signifié l’intention de porter l’affaire devant les instances judiciaires. Il ne leur restait donc plus qu’à s’incliner. Et de sortir cet opus une deuxième fois. En le signant « Shishimumu ». Un disque fort intéressant. Tour à tour lo-fi, atmosphériques (Durutti Column ?), baroques, souvent capricieuses, psychédéliques, chatoyantes, parfois arides, stridulentes (« Catfish »), vaudevillesques (« Domestic pet growing seeds » et son concert de kazoos manifestement contaminé par l’esprit délirant de Ringo Starr ), toujours séduisantes et poétiques, les 13 plages qui découpent l’opus s’inscrivent dans la lignée de l’ordre des grands excentriques britanniques : Syd Barrett et Robyn Hitchcock en tête. Encore que les titres les plus minimalistes s’aventurent également dans la country alternative (Wilco ?), une steel guitar ou une pedal steel à l’appui. Mais l’originalité de leur expression sonore procède de la voix de Jonathan Balzamo-Brookes, dont le falsetto campe un hybride entre Robert Wyatt et Stuart Murdoch (Belle & Sebastian), une voix qui donne une coloration toute personnelle à l’ensemble. Rafraîchissant !