Aux USA, il existe des milliers de blues bands qui sévissent au sein des petits clubs, le plus souvent proches de leur base. Les Tablerockers appartiennent à cette meute. Ils ne sont pas pour autant des débutants, car le groupe s’est formé en 1981. A Lincoln, dans le Nebraska. En fait, les musiciens étaient tous originaires de la petite ville de Table. Et les Rockers se produisaient régulièrement au célèbre club, "The Zoo Bar" de Lincoln. En 1991, ils commettent leur premier elpee. On y remarque la présence d’un invité de marque : Magic Slim, un habitué du Zoo Bar. Le groupe se sépare en 92. Certains musiciens rejoignent Anson Funderburgh & the Rockets, d’autres Mike Morgan & the Crawl ou encore le Legendary Blues Band. Une nouvelle formule des Tablerockers refait surface fin 2001. Etablie cette fois dans l'Arkansas, elle réunit le chanteur/guitariste Jason Davis, le bassiste et membre fondateur Larry ‘Shorty Brown’ Boehmer ainsi que le drummer David ‘Mr So & So’. Davis a été impliqué chez Baby Jason and the Spankers pendant dix ans. Il en était même le leader. Il a également côtoyé Matt Murphy et Magic Slim. Watson est texan. Premier drummer d'Anson Funderburg, il est le neveu de Doyle Bramhall. Boehmer (NDR : le seul membre originel) était le bassiste maison du Zoo Bar. Il a longtemps milité chez les Heart Murmurs. Et le trio nous propose donc son premier opus : "Shake your junk". Un disque enregistré live au "George's Majestic Lounge" de Fayetteville, en Arkansas.
Dès les premiers accords on se rend compte que chez les Tablerockers, la guitare est reine. Baby Jason mène la barque dès "Think", le titre d'ouverture. Le groupe est bien soudé. Il transpire manifestement du vécu. Une plage assez funky, traitement qui sera reconduit régulièrement tout au long de cette plaque. L’assemblage de blues et de rock'n'roll porte ses fruits. Dans un style qui rappelle Stevie Ray Vaughan & Double Trouble de la première époque. Signé Willie Dixon, "I'm ready" maintient le tempo. Les Rockers libèrent une bonne dose de groove. A l’instar des Red Devils ou des Mama's Boys californiens, mais sans l’harmonica. Ils poursuivent ce sillon sonore par des classiques : "Big Boss man", "Temperature" de Little Walter (NDR : un slow blues dramatique), ou encore "Can't hold out" et "All your love", préparés à la sauce texane. Nonobstant la parenthèse soul "When she was my girl", "Me and my woman" marque un retour à la formule funky R&B. Le "Ball and a biscuit" des White Stripes est une plage lente, intense, sculptée dans un riff profond et lourd. Le traitement shuffle du "She belongs to me" de Magic Sam opère manifestement un retour sur le terrain de Vaughan. La formation passe encore en revue le célèbre blues de BB King, "The thrill is gone" ; avant d’achever le set par une interprétation saignante du "Shake for me" de Howlin' Wolf. Manifestement, Jason Davis possède une bonne voix. En outre, elle colle parfaitement à son répertoire. Elle domine un trio de musiciens très soudés. Et sur les planches, les Tablerockers doivent certainement être à la hauteur de leur sujet.