Sharrie a accompli de multiples tournées européennes, au cours des dernières années. Cette jeune vocaliste noire a commencé à chanter à l’âge de douze ans, dans la Greater William Temple Church of God in Christ (NDLR : à vos souhaits !). Dotée d'une des plus belles voix de la troupe, elle a chanté le gospel à travers les Etats-Unis. Elle puise ses racines dans le jazz, le gospel et le blues, et voue une grande admiration pour les mythiques Koko Taylor, Etta James et Aretha Franklin. Lorsqu'elle devient la chanteuse attitrée du Wiseguys Club, elle fonde son propre band : les Wise Guys. Elle en profite alors pour se débarrasser de ses dépendances à l'alcool et aux drogues. Et se produit régulièrement au Buddy Guy's Legends de Chicago. Le célèbre producteur anglais Mike Vernon la remarque. Et produit son album "Real woman". Elle a également enregistré un elpee en public dans son club : "Live at the Wise Guy's", un disque qui devrait bientôt parvenir jusqu’au Vieux Continent. Elle s’est produite dans les grands festivals européens ; et en particulier le ‘Blues Estafette’ d’Utrecht en 2002, le ‘Lucerne Blues Festival’ et bien entendu le ‘Spring Blues Festival’ d'Ecaussines en 2003.
L’opus s’ouvre par l’explosif "Hard drivin' woman". Elle a une fameuse santé Miss Sharrie ; mais surtout, elle maîtrise parfaitement sa voix puissante. Probablement inspirés par la musique rock, les redoutables Wiseguys crachent le feu. James Owens libère de farouches riffs de guitares. Une entrée en matière particulièrement offensive ! Evoluant sur le beat de Bo Diddley, "Travellin'" s’inspire des chants gospel. Si Sharrie semble crier, elle ne force jamais son organe vocal. Mieux encore, elle le dompte parfaitement. Owens et le batteur Sterling Brooks répondent en choeur aux phrases vocales de leur leader. Elle se calme quelque peu pour entamer "Blues lover", une ballade bluesy assez douce, avant de laisser à nouveau éclater ses cordes vocales devant l'orgue de Pat Brennan. Ballade R&B, "Crazy for you" lorgne davantage vers le rock. A cause de la présence d'une guitare très amplifiée. Et c'est le bonheur lorsque l'orgue arrive dans le décor sonore. Elément indispensable à l'édifice musical, cet orgue revient d’ailleurs régulièrement à l'avant-plan. Il confère même une coloration ‘Santana’ dans son backing sur le vigoureux "My best friend is gone". Classique des classiques du R&B, la cover d’"I'd rather go blind" étale la richesse du registre vocal de cette diablesse. Ce vif intérêt s'estompe quelque peu avant rebondir lors du chant gospel "The glory train", du blues lent extraordinaire "How much can a woman take" et du rock'n'roll bien enlevé "Just you and me", que Pietro Toucher étaie au piano. En finale, "Gospel blue" résume parfaitement le talent de Sharrie Williams et de ses Wiseguys : le chant gospel, une voix éclatante et la puissance du backing. Crosscut a encore eu le nez creux !