A l’époque de la sortie du deuxième album de Daft Punk (« Discovery »), beaucoup de fans s’étaient sentis lésés : trop de références douteuses à l’enfance (les bleeps-lasers d’Albator, les ambiances guimauves à la Casimir,…) et pas assez de gros beats à la « Da Funk »… Bref un truc plutôt moche, une amère déception, un générique du Club Dorothée. Avec le recul, cet album se révèle moins mauvais qu’il n’y paraît, et surtout brillamment construit, comme… un dessin animé (et un vrai, puisque l’album a servi de BO au manga « Interstella 5555 », dont le duo français s’avère même l’instigateur). Cette compile confirme ce sentiment, puisque l’on retrouve ici des remixes de titres de l’album qui non seulement tiennent la route, mais nous donnent envie de redécouvrir « Discovery »… De Cosmo Vitelli à Slum Village, chaque artiste se réapproprie l’univers de Daft Punk avec imagination, sans y perdre ce qui les rend uniques : on reconnaît ainsi la patte des Basement Jaxx dès l’intro de « Phoenix », sans parler des Neptunes, qui quoi qu’ils fassent appliquent toujours les même recettes (et ça marche !)… Les prix des meilleurs remixes étant décernés à Gonzales pour sa version crooner de « Too Long », et à Romanthony pour son « One More Time Unplugged ». C’est un fait maintenant incontestable : les Daft Punk sont bel et bien les rois du bluff.