La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Ladies man

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Nonobstant ses 91 balais, Joe Willie "Pinetop" Perkins a toujours bon pied bon œil (NDR : et bonne oreille !). Né en juillet 1913, à Belzoni (NDR : dans le Mississippi), ce vétéran est probablement un des bluesmen les plus âgés qui soit encore capable de se défendre sur la scène musicale. Pas pour rien qu’il continue d’enregistrer des disques et de se produire sur les planches. Guitariste à ses débuts, il a dû se résoudre à s’asseoir derrière le piano, suite à une mauvaise blessure. A cette époque, il vivait à Helena. En 1943, il travaille en compagnie du guitariste Robert Nighthawk et de Sonny Boy Williamson. Dans les années 50, il côtoie Earl Hooker. Il faudra cependant attendre 1969 pour connaître son heure de gloire. En fait, il succède alors au regretté Otis Spann au sein du Muddy Waters Band. Plus tard encore, il sévira chez le Legendary Blues Band. Depuis, il s’est multiplié pour collaborer à la confection d’une multitude d’elpees. Surtout comme musicien de studio. Après avoir signé pour le label MC en 2003, il participe aux "Memphis Barbecue sessions" en compagnie de Big Jack Johnson et de Kim Wilson.
 
"Ladies man" constitue donc son premier opus solo commis pour l’écurie MC. « Ladies man » est un hommage aux dames. Et en particulier aux blueswomen qui apprécient le vieux pianiste ou le reconnaissent pour influence. Le "Meanest women" de Muddy Waters ouvre le disque. Une compo féline qui met en exergue le talent de la chanteuse guitariste Deborah Coleman. Face à sa section rythmique de prédilection, au sein de laquelle on retrouve des vieux loups tels que le bassiste Bob Stroger et le drummer Willie "Big Eyes" Smith, Pinetop s'y montre souverain. Susan Tedeshi chante de sa douce voix au timbre fausset le "Since I lost my baby" d'Ivory Joe Hunter. Une interprétation bien sentie, au parfum cabaret, soulignée par le sax feutré de Jerry Vivino. "He's got me goin" libère énormément de swing. Madeleine Peyroux y chante d'une voix délicate, proche de Billie Holiday en s’accompagnant d’une guitare jouée avec finesse et doigté. Une excellente surprise ! Long Chicago slow blues, "Chains of love" est chanté par la remarquable Ruth Brown. Une plage empreinte de force et de passion, qu’elle shoute avec une facilité déconcertante. Deborah Coleman et Jimmy Vivino s’y partagent les cordes. Interprété par Miss Odetta, une autre vocaliste noire douée d’un timbre grave et puissant, le "Trouble in mind" de Big Bill Broonzy est un autre blues lent digne d’intérêt. Au cours des sessions d’enregistrement, Pinetop a été victime d’un accident de circulation. En fait, sa voiture a percuté un train. Sérieusement blessé et incapable de jouer du piano, il est quand même revenu terminer son travail. Il chante ainsi "Big Fat Mama" et "Kansas City", deux fragments qu'il assurait si souvent jadis, lorsqu’il épaulait Muddy Waters. Pour la circonstance, il a reçu le concours de deux charmantes musiciennes blanches : la pianiste Lisa Otey (NDR : particulièrement douée, elle vit en Arizona) et la guitariste Carmen Getit (NDR : sa six cordes sévit aujourd’hui chez Steve Lucky and the Rhumba Bums). Leurs exercices de style jump accordés à "Big Fat Mama" sont tout bonnement remarquables. Pinetop chante "How long" de Leroy Carr. Un blues lent auquel Lisa et Carmen participent encore ; mais également Elvin Bishop aux guitares. Il n’existe pas d’album de Mr Perkins sans boogie woogie. Le "Pinetop's new boogie woogie" confirme donc la règle. Pour la circonstance, on à droit à un duel entre Pinetop et la longiligne louisianaise Marcia Ball. Instrumental allègre, "Careless love" propose un duo de pianistes, échangé entre Pinetop et Ann Rabson. Et en finale, on retrouve les mêmes musiciens pour l’interprétation de "Chicken Shack". L’œuvre recèle, en outre, un hommage au vieux maître : "Hey Mr Pinetop Perkins". Il n’y participe pas. Un morceau écrit par la texane Angela Strehli qu'elle chante en compagnie de Lisa et de Carmen. Agréable, mais loin d’être renversant, cet elpee recèle heureusement quelques bonnes surprises.

Informations supplémentaires

  • Band Name: Pinetop Perkins
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: MC / Bertus
  • Date: 2004-12-31
  • Rating: 0
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