Imaginez un peu ce qu’il serait advenu de Talking Heads, si au lieu d’être conseillé par Brian Eno, David Byrne avait reçu le concours de Captain Beefheart. Alors, vous aurez une petite idée du style pratiqué par ce trio issu de la région de Bordeaux. D’Eysines, très exactement. Même la voix d’Eric possède le timbre et les inflexions de David. Découpé en 6 fragments, « Canary wharf gherkins » constitue le deuxième Ep de P.O.H. Après un « Stupid flash » dont le funk aride doit autant aux Têtes Parlantes qu’à Orange Juice et un « No vodka upon the tower », plus Velvet que nature, on entre dans un univers sonore complètement déstructuré, parfois passéiste, décalé, dont l’aspect mélodique n’est pourtant jamais négligé. Hormis le bref interlude instrumental qui achève la plaque, ces trois autres plages sont incontestablement hantées par l’esprit torturé de Don Van Vliet, mais surtout rivalisent de créativité. Néo underground !