Richmond Fontaine, des types de Portland qui joue de la country comme Grandaddy, les casquettes vissées sur la tête, qu’on imagine bien remplie et prolongée d’une barbe. Dans les années 80 ils avaient 15 ans, écoutaient REM, les Replacements et Camper Van Beethoven, puis ont découvert Palace et se sont mis à déprimer sévère. D’où cette sensation, à l’écoute de cet album, d’entendre de vieux garçons qui aimeraient faire du bruit mais veulent passer pour des adultes. Finies les guitares en V, revendues à la brocante : à la place des slides bon chic bon genre, comme un film des frères Coen. Heureusement, ça pète à la fin (« Willamette »), parce que ça plaît toujours à madame, qui s’ennuie vite quand papa s’échine sur ses cordes en suant comme un bouc. Dans Richmond Fontaine il y a Fontaine, mais même Manneken Pis les bat au concours du pipi le plus long (rires).