Le Reverend Raven est un des musiciens locaux les plus talentueux dans l’univers du blues de Milwaukee. Je luis avais déjà consacré une chronique lors de la sortie de son premier elpee, "Slow burn", en 1998 ; un disque commis en compagnie de ses Chain Smokin' Altar Boys. Cet enregistrement ‘live’ a été immortalisé le 22 mars 2002 à Des Moines, en Iowa, au Blues on Grand Club.
Le groupe ouvre le show par "I'm your honeyboy", une plage assez jump au cours de laquelle nous ressentons immédiatement une grande complicité entre la guitare du Révérend et l'harmonica de Madison Slim. Raven est un musicien complet. Il est parvenu à se forger un style en empruntant à Freddie King, Albert Collins et Magic Sam. Une écoute attentive de "Loving you" permet de discerner l’addiction du leader au Chicago Westside et de Madison Slim au Southside. Ce denier est un vieux routier du blues. Il a sévi chez le Jimmy Rogers Band, le groupe de Sam Lay ainsi que le Legendary Blues Band. Tout au long du concert, il nous démontre que son influence majeure est bien Shakey "Big Walter" Horton. Au sommet de son art, il parvient à nous arracher des larmes, tant le sentiment de tristesse vous envahit. "Got love if you want it", "I've got to be with you tonight" de Slim Harpo, et "Bee hive baby" (NDR : une espèce de medley entre "Tee na nee na nu" et "Scratch my back" écrit par Rev Raven en hommage à Slim Harpo), sont un véritable régal. Ce type de répertoire est bien dans les cordes du quartet. L'ambiance monte d'un cran et le tempo accélère pour attaquer le traditionnel "Bye bye baby", un fragment littéralement enflammé par la guitare. André Maritato à la basse et Kid Panosh aux drums poussent les deux solistes vers les sommets. Le reste de la soirée ne quittera plus Chicago. Rev Raven adapte "In the open" de Freddie King. Puis "Louise" de Howlin' Wolf, avec beaucoup d'intensité et d'expression. Il joue dans le style indentifiable de Magic Sam. Il poursuit d'ailleurs dans le même répertoire par "Who's been talkin". Il y introduit la guitare d'Otis Rush et les changements de rythmes familiers. Un frisson nous parcourt l'échine lors de l'introduction opérée à l'harmonica de "Sweet man", un slow blues signé Muddy Waters. Le set tire à sa fin. Mais on a encore droit au "Please let me explain" de Sonny Boy Williamson, à "The back scratcher" de Leroy Carr, une plage dont l’atmosphère me rappelle encore et toujours Slim Harpo, et enfin à "I can't get you off my mind" de Willie Mabon.