Acteur et chanteur, Raoul Bhaneja nous vient du Canada. Il partage donc sa vie entre le grand écran et les planches des clubs qu'il arpente flanqué de son backing band, le Big Time. Raoul a été éveillé au blues par Jumpin' Johnny Sansone, un bluesman de la Nouvelle Orleans. Il a fondé the Big Time en 1998. Epaulé par Darrell Gallen à la guitare, Ka-Cheong Liu à la basse acoustique et Tom Bona à la batterie, il se consacre au chant et à l'harmonica. En parallèle, il continue de jouer pour Sue Foley. Le groupe avait déjà commis un premier elpee en 2000 : "Big Time blues". Un disque primé l'année suivante par le magazine de blues canadien ‘Real Blues’.
Découpé en dix nouvelles compositions et deux reprises, « Cold outside » constitue donc leur second elpee. Il s'ouvre par "Can't help it". Le rythme est soutenu. La voix de Raoul est alerte mais peu puissante. La basse acoustique de Liu étaie l'ensemble pendant que Darrell échafaude un solo tout en rythmique. La formation libère beaucoup de swing. Les instruments s'emboîtent fort bien. Et "Otherside of town" en est la plus belle démonstration. Graham Guest est au piano. Raoul en profite pour accorder un très bon solo sur son harmonica. Darrell embraie immédiatement aux cordes. Excellent! Le violon de John Showman introduit "Kiss every dollar goodbye", une ballade aux accents surannés. L’opus continue à évoluer sur un registre élevé tout au long de "Baby don't stop". Rafraîchissante, la guitare manifeste toujours une certaine originalité. Seule la voix frêle de Raoul pourrait encore s'aguerrir. Le Big Time reprend "Easy", le célèbre instrumental de Big Walter Horton, avec beaucoup de retenue et aussi de respect. Raoul parvient à faire bien ressortir la tristesse et la sensibilité exacerbée de Horton. Le rythme enlevé revient chez "Call me crazy". Et le swing ainsi que le jazz pour "Come back", une plage rehaussée par la présence immédiatement détectable de Junior Watson. Interprétée en duo par Raoul au chant et Graham Guest au piano, "Living paradise" épanche une immense tendresse. "Loving machine" constitue un des meilleurs moments de l'album. Bien que préposé aux baguettes, Big Joe Maher échange les vocaux avec Raoul. Une compo qui fût un hit R&B pour Wynonie Harris. En 1951. Blues très lent et particulièrement dépouillé, le titre maître fait mouche. A l’instar de "The mercy song", nonobstant son inspiration louisianaise. Cet opus de très bonne facture s’achève par le paresseux "You got it all", un fragment qui bénéficie du concours d’un invité prestigieux : l'harmoniciste Mark Hummel.