Sur un beat moelleux qui donne envie de se frotter aux arbres en bramant comme un cerf, Jill Scott débute sa longue déclaration d’amour à l’homme – l’Homme, l’archétype masculin sur lequel chacune ira de ses fantasmes. Et elle le dit de façon très sexy, la coquine, sans jamais s’accorder aucune pause : 17 titres, tous adressés à l’amant, celui qui embrase l’incendie dans son ventre, flatte sa beauté, lui donne envie d’exister. « Beautifully Human » se limite donc à ce chapitre ; et c’est déjà beaucoup : un disque à écouter avec madame, en roucoulant tendrement entre deux descentes/montées en apnée sous la couette. Musicalement aussi c’est de la luxure, un véritable péché de gourmandise : entre les mains expertes de James Poyser et de Rafael Saadiq (entres autres), la nu-soul de Jill Scott se pare d’oripeaux sensuels et félins. Un écrin sulfureux pour cette voix magnifique, qui susurre, murmure, grogne, jouit. Jill Scott est l’une des plus belles voix de l’Amérique afro : la digne descendante d’Aretha Franklin, de Bettye Swann et de Diana Ross. Son organe vocal est sa force. Il vous envoûte et provoque le coït. Et même pas simulé ! Tout est chaud sur ce disque, de l’instrumentation (des cordes caressantes, des cuivres humides, une basse rondelette, un piano charmeur) aux textes (l’amour, décliné à tous les temps), de la texture aux beats. Question romance, il vaut donc mieux faire confiance à Jill Scott. « Une femme, un homme, et Jill Scott fait le reste »… Dès lors, comment lui résister ?