Robin Sylar est un guitariste texan. Naguère, il a joué en compagnie de Stevie Ray Vaughan (NDR : chez le groupe Krackerjack) et Doyle Bramhall. Il aurait même transité par Canned Heat durant une année, à la fin des 70’s. Je lui connaissais le précédent elpee, "Bust out". Robin touche un peu à tout et il est sans doute plus rocker que bluesman.
Comme tout bon Texan, il débute par un hymne rock local. Une compo signée par le légendaire Rocky Erickson : le "You're gonna miss me" des 13th Floor Elevators. Une excellente version qui reproduit fort bien le son écorché et psyché de l'époque. Il continue sur sa lancée par "Shaking all over", une composition popularisée par Johnny Kidd. La guitare y est toujours aussi déjantée. Tapissée de percussions exotiques, son adaptation du célèbre "Iko Iko" est brillante. Et la prise de voix assez particulière réverbère une bonne dose d'écho. Roots rock très allumé, "Hollywood millionnaire" épouse une démarche assez folle, mais ce morceau tient la route ; et manifestement, il prend son pied en jouant de la guitare. En chantant le paisible "Heart of Stone" des Rolling Stones, il parvient encore à faire une fête aux cordes. Robin est aussi capable de jouer le blues avec beaucoup d'aisance. A l’instar du "Pretty girls" de Little Walter, dont il réalise une interprétation très personnelle et bien ficelée. Il excelle sur le "Back to Iuka" de Don Nix. Soutenue par les puissantes percussions de Kevin Schermerhorn, sa guitare ne se repose jamais ; elle menace, rugit, accroche... Son attaque du "Can't judge a book" de Willie Dixon est très personnelle. Le son est primaire et pourri. Une plage qui collerait parfaitement à la programmation de ‘Doctor Boogie » sur Classic 21. L'ami Johnny Mack chante "Sugar Bee", tandis que Robin souffle dans l'harmonica et James Hinkle (NDR : un autre pote) joue de la guitare. Et pourquoi rester en si bon chemin ? Alors que la fête continue ! Que ce soit à travers "Hand Jive" de Johnny Otis ou encore "Wine spo-dee-Odee". Robin Sylar n'est sans doute pas un bon chanteur, mais qu'est-ce qu'il peut arracher de sa guitare ! L’opus recèle, en outre, trois plages instrumentales, parmi lesquelles "Misiriou" et la finale "Pipeline" sont tout à fait dignes de la meilleure surf music. Sans prétention, cet elpee est avant tout agréable à écouter. Il est le fruit du travail d’un artiste qui aime ce qu'il fait et qui doit certainement dynamiter la scène.