JJ Cale est une légende vivante. Il y a d’ailleurs bien longtemps que ce statut lui a été attribué. Faut dire que son style est devenu une référence dans l’univers du blues. Un style qui lui colle véritablement à la peau : le laidback! Originaire de Tulsa, dans l'Oklahoma, il est né en 1938. Ce qui lui fait aujourd’hui plus de 70 berges. Il mérite donc incontestablement le respect. Son premier elpee, "Naturally", remonte à 1972. Il recelait déjà quelques classiques ; et notamment "Call me the breeze" et "After midnight". Depuis, il a aligné un nombre incalculable de disques. Si on ne tient pas compte de sa compile de raretés et d’inédits paru en 2007 (« Rewind: The Unreleased Recordings ») son dernier opus studio remonte à 2006. Un album dont il partageait la paternité avec Eric Clapton : "The road to Escondido".
Tout au long de ce "Roll on", JJ nous étale toute la panoplie de son talent. Un cocktail de country, blues, rock et jazz, né d’un délicat et savoureux mélange entre musique acoustique et amplifiée. "Who knew" ouvre l’opus. Très swing, la plage baigne dans une atmosphère jazzyfiante. Les percussions de David Teegarden sont à l'avant-plan. "Former me" trempe dans un climat semblable, quasi manouche JJ chante et se réserve l’essentiel de l’instrumentation : depuis le piano aux guitares, en passant par les percussions. "Where the sun don't shine" bénéficie d’arrangements plus complexes. Quoique délicat, l’orgue est planté au beau milieu du décor sonore. Sans quoi, cette plage ne s’écarte guère de l’ambiance volontairement nonchalante et décontractée entretenue habituellement par Cale. Cap vers le Tennessee pour "Down to Memphis", une ballade talonnée par ses cordes parcimonieuses que nappe l’orgue d’interventions chaleureuses. Balayée de sonorités quasi-orientales "Strange days" est une autre ballade, mais plutôt étrange. "Cherry street" est une des meilleures compos de l’elpee. On y retrouve ce climat si spécifique des meilleures chansons de Cale. Tout comme sur "Call the breeze", également, un morceau au cours duquel il inocule progressivement des sonorités country, dans sa solution sonore, à l’aide d’une lap steel. Une touche exotique et latino pigmente le plus élaboré "Fondalina". Jolie chanson, "Leaving in the morning" est sculptée dans la country minimaliste. Les musiciens opèrent leur retour en studio pour donner un petit coup de fouet à l'ambiance. Ils attaquent un "Oh mary" très rythmé, dont les accents boogie sont entretenus par le piano offensif de Walt Richmond. Nouvelle ballade, le tendre "Old friend" conjugue les cordes acoustiques de Christine Lakeland, une mandoline et les cordes électriques de Don White. Le titre maître est incontestablement le sommet de l’elpee. C’est aussi la plage la plus dynamique. Un rock'n'roll qui nous invite clairement à nous dérouiller les jambes. Le piano de Glen Dee, les drums de Jim Keltner, l'harmonica de John ‘Juke’ Logan et bien entendu les cordes très caractéristiques de l'invité de luxe, Mr Eric Clapton y contribuent largement. JJ se réserve la finale. Parfait concentré du style indolent, décontracté, institué par l’artiste, ce "Bring down the curtain" referme le rideau sur cette excellente production…

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