Né McKinley Morganfield, Muddy Waters a vu le jour le 4 avril 1913. Dans le Mississippi. Il est sans doute un des plus célèbres bluesmen de tous les temps. Un des rares personnages dont le nom sonne familier, même à ceux qui ne connaissent pas le blues. Un musicien que personne n'est prêt à oublier, même 21 ans après sa disparition. Les premiers témoignages transcrits sur support datent d'août 1941, lorsque Alan Lomax et John Work avaient recueilli sa prestation dans Stovall Plantation, où il travaillait. Deux ans plus tard, il émigre à Chicago où il allait très vite créer le blues urbain. Un blues citadin électrifié très caractéristique. Il s'entoure alors de compagnons musiciens devenus légendaires : Jimmy Rogers, Little Walter, Otis Spann,… Il allait enregistrer pour le label Chess sans interruption jusqu'en 1975. Avant de signer pour le label Blue Sky, du groupe CBS Epic, sur les conseils du guitariste texan, Johnny Winter. Quatre albums allaient suivre : "Hard again", "I'm ready", "Muddy Mississippi Waters Live" et "King Bee".
“M.M.W.L.” agrège le live susvisé ; mais est enrichi d’un second CD. Un elpee commis la même année, au club "Harry Hope's". L'album original a été immortalisé en août 78 au Harry Hope's à Cary, dans l'Illinois, et en mars 77 au Masonic Auditorium de Detroit. Produit par Johnny Winter, il bénéficie de la participation d’une fameuse brochette de musiciens. Autour de Muddy Waters, on retrouve ainsi les guitaristes Johnny Winter (NDR : of course !), Luther "Guitar Jr" Johnson et Bob Margolin, l'harmoniciste James Cotton, le pianiste Pinetop Perkins, le batteur Willie "Big Eyes" Smith et Charles Calmese, le bassiste de James Cotton.
Ce premier elpee recèle une superbe version de "Mannish boy" que Muddy avait écrite en s’inspirant du "I'm a man" de Bo Diddley. Muddy partage les vocaux avec l'albinos texan. Trois superbes blues lents nous permettent d’évaluer l’intensité du son et surtout la maîtrise de Waters à la slide : "She's nineteen years old", "Streamline woman" et "Howling Wolf". L’elpee épingle également d'excellentes versions de "Nine below zero" et de "Baby please don't go", un titre que lui avait enseigné Big Joe Williams lorsqu'ils faisaient route ensemble vers le Sud. Les nouveaux fragments procèdent de concerts accordés au Harry Hope's. La production y a été assurée par Bob Margolin. Muddy est toujours épaulé par Luther Johnson, Margolin, Smith et Perkins, ainsi que Jerry Portnoy à l'harmonica et Calvin Jones à la basse. Les prises s’ouvrent par un long medley de 12' : "After hours : Sormy Monday blues". Muddy y présente ses musiciens. Lorsqu’il aborde "Sormy Monday", il ne peut s’empêcher d’évoquer la disparition récente de T-Bone Walker. "Trouble no more" met en évidence le talent de Jerry Portnoy à l'harmonica. "Champagne & reefer" constitue une version prototype d'un titre qui figurera sur son opus suivant, "King Bee". Il chante également "Corrina, Corrina", "Hoochie Coochie man" (un de ses plus grands hits dans les 50’s) et "She moves me", un slow blues dont il avait le secret. Muddy n’oublie pas son fidèle pianiste Pinetop Perkins. Et le valorise en l’invitant à chanter "Kansas City" ou à assurer (NDR : mais ce n’est pas une surprise !) le "Pinetop's Boogie woogie" de Clarence Smith. Muddy permet encore à Portnoy de briller son instrument tout au long de "Made love". Une œuvre qui recèle encore "Everything's gonna be alright", que chante Guitar Junior Johnson et, en finale, un "Got my mojo working" imprimé sur un tempo élevé. S’étalant sur une bonne heure, ce disque ‘bonus’ constitue une occasion unique de revivre ce blues de haute facture dispensé par un artiste qui aura marqué à jamais l'histoire de la musique, et du blues en particulier...