Moriarty est incontestablement une des plus belles découvertes, opérée l’année dernière, en France. Leur second album, « Geez Whiz But This Is a Lonesome Town » a très bien été accueilli (NDR : disque d’Or) et a même permis au groupe de se produire aux Victoires de la Musique. Le line up de Moriarty réunit cinq musiciens d’origine différente : française, américaine, suisse et vietnamienne. Ces talentueux jeunes gens ont été élevés en France par des parents américains. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela s’entend à travers leur musique !
Pourquoi le patronyme Moriarty ? En hommage à Dean Moriarty, le héros du roman de Jack Kerouac, ‘Sur La Route’. Le groupe a été repéré en 2005 par Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff (NDR : metteurs en scène des célèbres et hilarants Deschiens). Ils produiront leur premier album. C’est donc logiquement que ce duo leur a proposé de composer la bande originale de leur premier long métrage animé, ‘La Véritable Histoire Du Chat Beauté’ !
Difficile de parler ici d’un véritable nouvel elpee, puisqu’il s’agit tout simplement de la B.O. commandée par leurs généreux producteurs. Et à l’image du film, le résultat est très moyen. Fidèle à ses influences mêlant la musique traditionnelle irlandaise, la country et le blues, Moriarty nous propose, en quelque sorte, un petit passe-temps récréatif. De quoi nous faire patienter jusque la sortie de leur prochain album. Le groupe a décidé de reprendre, dans son style particulier, de grands classiques tels le « Carmen » de Bizet, « La Chevauchée des Walkyries » de Wagner ou encore « Le Beau Danube Bleu » de Strauss.
Bref, si vous souhaitez découvrir le groupe sous son meilleur angle, ce n’est pas « The Lost Scenes Of Puss N’Boots » que je vous conseillerai. Sur les treize chansons de la plaque, seules sept dépassent la minute et demie ; et certains morceaux plus longs tels « Innavoig Nod » ou « A Yiddish Name » sont tout à fait dispensables voire ennuyeux. La reprise de « Carmen » était une bonne idée, mais le résultat est loin d’être à la hauteur. De cet ensemble fort anecdotique, « I Feel Pretty » et « Greensleeves » échappent à la règle. Mais c’est un peu maigre dans le chef d’un groupe comme Moriarty.
Correspondant probablement mieux dans son rôle de bande sonore, l’ensemble des compos aurait dû rester à ce stade et éviter l’étape de la version audio. Mais, croyez-moi, ne vous limitez pas à cette première impression ; car la musique de Moriarty tient la route. Leur album ainsi que leur superbe reprise d’« Enjoy The Silence » de Depeche Mode constituent la véritable agréable surprise de l’année dernière, en France. Cette version francophone de Devotchka s’avère être également un formidable groupe de scène où les musiciens de produisent autour d’un seul micro, une habitude prise lors de leurs débuts lorsqu’ils assuraient des premières parties mal mixées…

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